Souscrivez à l'Offre Découverte : 2 semaines d'accès illimité et gratuit au Courrier de RussieJe souscris à l'offre Découverte

Les relations russo-turques en terrain miné

Les relations russo-turques en terrain miné

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdoğan à Moscou, le 5 mars 2020. Photo : Mikhail Klimentyev / TASS

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.

Du Haut-Karabagh aux côtes libyennes, la politique étrangère turque adopte des positions susceptibles de faire éclater les relations bilatérales avec la Russie.

Analystes, journalistes et blogueurs comparent à l’envi les actuels présidents de Turquie et de Russie. Il faut dire que certains parallèles sautent aux yeux. Pas plus que Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdoğan n’est un fervent adepte des principes libéraux occidentaux ; comme lui, la coopération avec l’Europe l’a déçu. Tous deux prônent les « valeurs traditionnelles », s’appuient sur le « peuple profond » et encouragent la « renaissance religieuse ». Sur la scène internationale, ils campent fermement sur leurs positions, prêts à défier leurs nombreux adversaires et à heurter l’opinion publique. 

Cette proximité de style et d’idée entre les deux chefs d’État, l’évidente ressemblance entre leurs visions du monde et de l’avenir, devaient déjà favoriser le rapprochement de Moscou et d’Ankara. S’y sont ajoutés les nombreux intérêts communs ou convergents de la Turquie et de la Russie, qui ont su mettre en valeur leur complémentarité dans les domaines les plus variés : énergie, tourisme, transport, logistique, coopération technique et militaire. 

Pourtant, ces relations demeurent fragiles et contradictoires. La Russie et la Turquie agissent à la fois comme partenaires, comme concurrentes voire, dans certains cas, comme adversaires. Le niveau de confiance mutuelle entre leurs présidents n’est pas particulièrement élevé. Du reste, MM. Poutine et Erdoğan font-ils confiance à un seul de leurs interlocuteurs étrangers ? Les frictions périodiques, les querelles et les malentendus entre les deux dirigeants sont activement exploités par les autres acteurs internationaux, qui n’ont aucun intérêt à voir une coopération momentanée et pragmatique se transformer en partenariat stratégique durable. 

La fragilité de ces relations était apparue au grand jour il y a cinq ans,

Il vous reste 75% de l'article à consulter...

Souscrivez à l'Offre Découverte :
2 semaines d'accès illimité et gratuit au Courrier de Russie

Je souscris sans CB

Déjà abonné ?

Se connecter

Haut-Karabagh : gueule de bois pour les grandes puissances

Dans sa nouvelle inachevée « Et au matin ils se réveillèrent... », l’écrivain soviétique Vassili Choukchine décrit le réveil de huit hommes en cellule de dégrisement. À mesure qu’ils reprennent leurs esprits, ils en viennent à s’interroger sur les événements qui les ont amenés là et sur leur propre comportement. La guerre du Haut-Karabagh suscite des questions de ce genre à propos des grandes puissances.

 

12 octobre 2020

Coronavirus : la détente internationale manquée

Il y a six mois, tandis que le nouveau coronavirus venait de franchir les frontières chinoises et commençait sa conquête de l’Europe et de l’Amérique du Nord, responsables et analystes politiques ouvraient déjà le débat sur le « monde d’après ». Aux craintes des pessimistes s’opposaient notamment les espoirs des optimistes, pour lesquels la pandémie et la récession mondiale contraindraient l’humanité à mettre de côté ses dissensions.

14 septembre 2020

Biélorussie : les dangers du statu quo

Le régime d’Alexandre Loukachenko est-il solide ? Jusqu’où l’opposition est-elle capable d’aller et sur quelles forces peut-elle compter ? Quel parti prendront les services de sécurité si l’instabilité perdure ? Quel rôle jouent les différents acteurs étrangers dans la crise ? On peut disserter éternellement sur ces questions auxquelles seule l’Histoire apportera une réponse définitive.

 

17 août 2020