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Biélorussie : « Loukachenko se prépare à une crise longue »

Biélorussie
« Loukachenko se prépare à une crise longue »

Minsk, le 12 octobre 2020.
Photo : AP Photo via TASS

En Biélorussie, la situation se tend de plus en plus. En exil en Lituanie, l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa a lancé un ultimatum au président Alexandre Loukachenko : s’il ne quitte pas le pouvoir avant le 25 octobre, le pays entier se mettra en grève. Le politologue biélorusse Valeri Karbalevitch doute que le chef de l’État obtempère. 


Le 10 octobre dernier, Alexandre Loukachenko s’est rendu dans la prison des services de sécurité (KGB) pour rencontrer des membres du Conseil de coordination de l’opposition, arrêtés il y a plusieurs semaines. Comment interpréter ce que Minsk présente comme une « main tendue » ? 

Valeri Karbalevitch : Officiellement, le président biélorusse a souhaité les rencontrer afin d’entendre leur point de vue sur la réforme constitutionnelle qu’il a annoncée. Tout le monde a vu les images le montrant face à ses opposants, dont l’ex-favori de la dernière présidentielle, Viktor Babariko, son fils Édouard, ou encore une des présidentes du Conseil de coordination, Lilia Vlassova. La teneur des quatre heures d’échanges est demeurée secrète, mais il semble peu probable que de véritables négociations aient eu lieu. 

Toutefois, dans le contexte actuel, le seul fait que cette rencontre se soit tenue est significatif. Jusqu’à présent, Loukachenko considérait sa victoire comme un fait établi, refusait de parler aux manifestants contre lesquels il envisageait uniquement le recours à la force. On se rappelle qu’il les avait qualifiés, à la fin de l’été, de « ramassis de bandits, d’ivrognes, de drogués, d’adolescents manipulés par les Occidentaux », auxquels il n’avait rien à dire. De toute évidence, son point de vue a évolué... En allant à la rencontre de ses opposants, il reconnaît que sa position n’est pas aussi solide que veulent le faire croire les médias publics. 

Comment expliquer ce soudain revirement ? 

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