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L’espionnage, une passion franco-russe

L’espionnage, une passion franco-russe

Un mois après l’arrestation d’un officier français suspecté d’espionnage au profit de la Russie, Moscou continue de faire comme si de rien n’était. Une habitude dans les affaires d’espionnage franco-russes.

« Nous ne commentons pas ce genre d’information », indique le service de presse de la Direction générale de l’État-major des forces armées russes (GRU, le renseignement militaire). « Sans commentaire », répond-on également aux Services de renseignement extérieur (SVR). 

Nous n’en saurons donc pas plus que ce que relate la presse française : en août dernier, un officier supérieur français est arrêté pendant ses vacances en France. En poste dans un centre de commandement de l’OTAN près de Naples, ce russophone aux liens familiaux supposés avec la Russie aurait transmis des informations sensibles à Moscou. Avec quels services russes était-il en contact ? Quel type de renseignements leur a-t-il fournis ? Concernent-ils l’Alliance ou la France ?  Il serait vain de chercher un complément d’information dans la presse russe encore moins loquace, que la presse française sur ce dossier. 

Les médias moscovites se sont beaucoup plus passionnés pour une autre affaire d’espionnage supposé sur les côtes italiennes : le 10 septembre, Galina Fiodorova, un mannequin originaire d’Oufa (Bachkirie) en session photos pour le magazine Playboy, est retrouvée morte, noyée à proximité d’une base de l’OTAN en Sardaigne. Son photographe, lui, a survécu au naufrage de leur bateau pneumatique. Un drone est également découvert sur les lieux de l’accident. Un mannequin russe mort, un appareil volant furtif, une base de l’OTAN… Pour la police italienne, l’enquête s’efforcera d’établir si l’association de ces clichés tout droit sortis d'un film d’espionnage relève de la coïncidence. 

"Tu ne voudrais pas faire la chasse aux terroristes, plutôt que de nous espionner ?"

Si tel n’est pas le cas, si Galina Fiodorova était bien en mission d’observation et si Moscou a effectivement recruté un officier français, alors il faut en conclure que le Kremlin ne considère pas, au contraire d’Emmanuel Macron, que l’OTAN se trouve « en état de mort cérébrale ». « Vous n’obtiendrez aucun commentaire officiel sur ce point. Les choses sont actuellement très difficiles avec l’Europe, et nous n’avons aucune envie de jeter de l’huile sur le feu », confie un diplomate russe. Il ajoute que la France (comme l’Italie, d’ailleurs) demeure un interlocuteur privilégié de Moscou, en dépit du refroidissement consécutif à l’affaire Navalny et à la crise en Biélorussie. 

Cette remarque en appelle une autre : les affaires d’espionnage franco-russes sont loin d’avoir le même écho,

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