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Biélorussie : Moscou cherche la sortie

Biélorussie
Moscou cherche la sortie

Minsk, le 13 septembre 2020. Photo : Natalia Fedosenko/TASS

Contesté dans la rue, depuis un mois, par un large pan de la population biélorusse, Alexandre Loukachenko vient de rencontrer Vladimir Poutine à Sotchi. Son avenir – comme celui de son pays – n’en est pas devenu moins incertain.

À l’aéroport de Sotchi, où Alexandre Loukachenko atterrit ce 14 septembre vers 11 heures, seuls le gouverneur du territoire de Krasnodar et deux de ses adjoints sont présents pour accueillir le chef de l’État biélorusse. Du jamais-vu dans l’histoire protocolaire du Kremlin. « En temps normal, si Vladimir Poutine n’accueille pas son hôte en personne, c’est le Premier ministre qui le fait, ou éventuellement un membre du gouvernement. Mais pas un responsable régional ! Il s’agit d’une marque évidente de condescendance », souligne, sous couvert d’anonymat, un journaliste qui suit le président russe.

Un autre détail a abondamment nourri les commentaires : les officiels russes portaient un masque, à la différence de leur hôte et de son ambassadeur à Moscou, également présent. « Même le gouverneur de Krasnodar refuse d’apparaître à visage découvert aux côtés de Loukachenko », se moque-t-on sur les réseaux sociaux. 

En réalité, l’épidémie de coronavirus connaît une recrudescence dans le sud de la Russie, et le Kremlin a imposé le port du masque à tous les responsables locaux susceptibles d’approcher Vladimir Poutine. Quant à Alexandre Loukachenko, il continue de minimiser la dangerosité de la Covid-19 et ne voit aucune raison de se protéger (ni de protéger les autres). 

Alexandre Loukachenko et le gouverneur du territoire de Krasnodar à l'aéroport de Sotchi, le 14 septembre 2020. Photo : Andreï Stasevitch / BelTA / RIA Novosti

Le quémandeur de Sotchi 

De toute évidence, Alexandre Loukachenko a été reçu à Sotchi moins en qualité d’homme d’État que de quémandeur. Une impression confirmée par l’attitude des deux présidents lors de la partie filmée de leur entretien. À son habitude, Vladimir Poutine était assis au fond de son siège, jambes écartées, n’accordant que de rares coups d’œil à son interlocuteur. Ce dernier notait consciencieusement, dans un calepin, tout ce qu’il disait. 

Puis Alexandre Loukachenko eut la parole : assis de trois-quarts, tourné vers le président russe, les mains jointes, posées sur l’accoudoir de son fauteuil. Son hôte écoutait, une moue perplexe aux lèvres, hochant de temps à autre la tête d’un air entendu,

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