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Biélorussie : les geeks contre Loukachenko

Biélorussie
Les geeks contre Loukachenko

Photo : Sergei Fadeichev/TASS

Les informaticiens sont au premier rang des manifestations qui se déroulent depuis un mois en Biélorussie. Le pouvoir a d’ailleurs parfaitement identifié son adversaire et multiplie les pressions.

Minsk, avenue Dzerjinski, le 13 août 2020. Deux minibus s’arrêtent devant les bureaux du géant russe de l’internet, Yandex. En descendent des hommes armés, en uniforme, sans signe distinctif. Certains bloquent l’entrée du bâtiment, tandis que d’autres montent dans les étages.

À peu près au même moment, la scène se reproduit à quelques kilomètres de là, dans les locaux de la compagnie Uber, associée du service de taxis de Yandex à Minsk comme à Moscou.

Peu après, le service de presse de l’entreprise russe, présente dans le pays depuis 2011, confirme la visite des forces de l’ordre mais s’abstient de tout commentaire. Pour une source proche du dossier, il s’agit d’un signal clair lancé par les autorités biélorusses : elles n’apprécient pas que les chauffeurs de taxi de Yandex et d’Uber soutiennent les protestations, par exemple en transportant gratuitement les organisateurs des rassemblements.

Pressions

Cette anecdote n’est qu’un exemple des tensions actuelles entre le pouvoir et le secteur du numérique. Peu après les premiers rassemblements contestant la réélection d’Alexandre Loukachenko, le 9 août dernier, internet a été coupé dans le pays, empêchant les manifestants de recourir aux messageries ou aux réseaux sociaux pour s’organiser.

Rapidement, les services de sécurité ont tenté de faire pression directement sur les entreprises, afin qu’elles interdisent à leurs employés de participer aux manifestations. C’est ce que raconte Nikolaï Mourzenkov, le directeur de Iomico, une société spécialisée dans les objets connectés. « Une personne se présentant comme une représentante du Parc des hautes technologies [la « Silicon Valley biélorusse », près de Minsk, où Iomico est installée, ndlr] m’a appelé et a exigé que j’explique à mes équipes qu’il n’y avait pas lieu de manifester contre le gouvernement actuel.

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