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Biélorussie : une économie sous dépendance

Biélorussie
Une économie sous dépendance

Grève à l'usine de fertilisants Belarouskali, dans la région de Minsk, le 18 août 2020. Photo : Vikor Drachev / TASS

Confrontée à une crise politique sans précédent, la Biélorussie place en la Russie une partie de ses espoirs afin de ne pas couler. Au risque d’en payer le prix fort.

« Je ne comprends pas pourquoi les gens sont mécontents. Les rayons des magasins sont pleins, il y a du travail… Veulent-ils tous devenir riches ? Mais c’est impossible ! » En ce dimanche 16 août, Zinaïda manifeste dans le centre de Minsk, pour soutenir « son » Alexandre Loukachenko. « S’ils le mettent dehors, qui va s’occuper de nous ? Pour déstabiliser le pays, il y a du monde, mais qui pense à l’avenir ? », s’inquiète-t-elle, en brandissant le drapeau vert et rouge de la Biélorussie, hérité de l’époque soviétique.

Zinaïda travaille à l’usine chimique de Gomel (GKhZ), une ville de 500 000 habitants de l’est du pays. Son voyage à Minsk (280 kilomètres) a été organisé par son employeur. Pour elle, aucun de ses collègues ne soutient l’opposition qui conteste depuis deux semaines la réélection du président : « Faire grève ? Pour quoi faire ? Au travail ! ».

L’usine, qui appartient au gigantesque groupe public Belneftekhim, emploie plus de 2 000 personnes, payées en moyenne 250 euros ‒ « assez pour se nourrir », précise Zinaïda en souriant. Quelque 85 % de sa production est destinée à un marché intérieur dominé aux trois quarts par les entreprises d’État : l’usine dépend entièrement des commandes publiques, et le moindre soubresaut dans cette économie quasi planifiée peut mener à la catastrophe sociale...

Plus de la moitié des sociétés biélorusses ne dégagent presque aucun bénéfice.

Tout le monde ne partage pas cette crainte de l’avenir, même au sein de la Belneftekhim. Dans l’ouest du pays, à la frontière polonaise, l’usine Grodno Azot s’est mise en grève à l’appel de l’opposition. Égalité, chômage bas, absence de conflits sociaux… Pour les ouvriers grévistes, il est hors de question de remettre en question ces avantages : la contestation porte essentiellement sur la personne d’Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis vingt-six ans. Quant aux conséquences économiques éventuelles de son départ,

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