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Rapprochement russo-chinois : « Moscou se contente de défendre ses intérêts »

Rapprochement russo-chinois
« Moscou se contente de défendre ses intérêts »

Tandis que la tension monte entre les Occidentaux et la Chine, accusée d’avoir dissimulé des informations sur l’épidémie de Covid-19, la Russie n’a pas encore pris position. Le Courrier de Russie a interrogé le sinologue Alexeï Voskressenski, de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO), sur l’avenir des relations entre les deux puissants voisins.

La Chine investit largement en Russie et achète ses hydrocarbures. Cette dépendance économique sera-t-elle accrue dans le « monde d’après » la pandémie ?

Alexeï Voskressenski : Il n’est pas question de dépendance. Effectivement, l’industrie russe, dans les régions d’Extrême-Orient, achète la moitié de ses équipements au voisin chinois. Et alors ? Ces achats sont justifiés. Le matériel fourni par Pékin est de meilleure qualité que celui que la Russie produisait elle-même sous l’URSS : pourquoi ne pas en profiter ? Par ailleurs, nos deux pays coopèrent sur le plan militaire, mais on ne peut absolument pas parler, là non plus, de dépendance.

Le sinologue Alexeï Voskressenski. Photo : russiancouncil

En s’opposant à un élargissement de l’OTAN vers l’Est, la Russie empêche l’Alliance de s’approcher des frontières de la Chine, qui constitue, à ce jour, le premier adversaire stratégique des États-Unis…

A.V. : Certes, mais cela n’a rien de nouveau. Au lendemain de la chute de l’URSS, en décembre 1991, Egor Gaïdar, le « père » des grandes réformes économiques russes, publie dans les Izvestia un article affirmant que le pays doit devenir un « avant-poste » de l’Occident à l’Est. La tribune fait grand bruit et scinde les élites en deux. Une partie de la classe dirigeante appelle effectivement à se rapprocher des États occidentaux afin que leur économie de pointe, disent-ils, entraîne la Russie dans son sillage sur la voie de la modernisation. Pour eux, la Chine incarne tout l’archaïsme et l’autoritarisme dont notre pays doit précisément se débarrasser.

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5 février 2020