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Coronavirus : les troupes russes en Syrie se protègent

Coronavirus
Les troupes russes en Syrie se protègent

Patrouille conjointe de soldats russes et turcs dans la province d'Idlib. Syrie, le 8 avril 2020. Photo : mil.ru

Officiellement, l’armée russe compte 65 cas de contamination au Covid-19 – à l’École militaire de Tioumen et à l’Académie de médecine militaire de Saint-Pétersbourg. Totalement épargné au dire de l’état-major, le contingent stationné en Syrie prend toutefois des précautions.

Au cours de son dernier rapport au ministère de la Défense, le commandant en chef des forces de Syrie, le général Evgueni Oustinov, a réaffirmé qu’aucun cas de contamination n’était à déplorer parmi ses hommes (au nombre de 2 000 à 2 500 selon les experts indépendants), stationnés pour la plupart à Hmeimim, dans la province de Lattaquié. La base est au demeurant soumise à des « mesures restrictives exceptionnelles », a-t-il précisé, citant notamment la réduction au strict minimum des contacts avec la population locale et des entrées et sorties de véhicules, ainsi que l’interdiction de tout rassemblement. « Les soldats sont soumis à un suivi médical renforcé, impliquant notamment des prises de température régulières (au moins quatre par jour), à l’aide de thermomètres infrarouges sans contact. Les lieux de vie et salles communes sont désinfectés quotidiennement, et la surveillance est renforcée concernant le respect des règles d’hygiène corporelle », a-t-il ajouté.

M. Oustinov a ensuite passé en revue les ressources et équipements dont dispose la base pour faire face à une crise sanitaire : quatre unités médicales, capables de déployer 300 lits (un hôpital de campagne standard d’une telle capacité suppose une équipe de soignants de 60 à 70 personnes) et de former quinze brigades de médecins et infirmiers ; une unité mobile de décontamination, ainsi qu’un laboratoire spécialisé dans le traitement des « risques NRBC » (nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques) ; ainsi que 990 tests de dépistage du Covid-19.

Au regard de ce déploiement, les autorités militaires prennent particulièrement au sérieux la menace d’une propagation de l’épidémie en sein du contingent.

Carrefour dangereux

Ces précautions ne sont probablement pas superflues dans le contexte actuel. Officiellement, la Syrie ne compte qu’une trentaine de malades du nouveau coronavirus (trois morts). De toute évidence, les autorités de ce pays en proie à la guerre civile depuis près d’une décennie n’ont ni le temps ni les moyens de recenser les victimes. Or les soldats russes sont en contact régulier, au cours des patrouilles, avec la population et les réfugiés.

Prise de température dans le camps de réfugiés Al-Karama, dans le nord de la Syrie. Photo : TASS/Juma Mohammad/IMAGESLIVE via ZUMA Wire

Cependant, le « danger » peut également venir des autres acteurs internationaux présents sur le terrain. Les soldats russes et turcs patrouillent ainsi conjointement dans le nord du pays, alors que la presse turque fait état de plusieurs contaminations parmi ses soldats combattant en Syrie…

Épicentre de l’épidémie au Moyen-Orient avec plus de 80 000 malades à ce jour (5 000 morts) l’Iran combat également aux côtés de Damas. Ses milices déployées en Syrie accueillent régulièrement de nouvelles recrues et réuniraient entre 15 000 et 20 000 combattants, selon les experts. Des formations à qui l’aviation russe fournit un soutien aérien permanent, et qui seraient même chargées, si l’on en croit les allusions régulières des généraux russes, de planifier les opérations de l’ensemble des forces pro-Assad. Dès le début de mars, des rumeurs ont circulé concernant une vague de contaminations dans un des quartiers généraux de l’armée syrienne, où travaillaient ensemble des militaires russes et iraniens…