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Kirill Vychinski : « Le pouvoir ukrainien n’accepte pas les compromis »

Kirill Vychinski :
« Le pouvoir ukrainien
n'accepte pas
les compromis »

Ex-rédacteur en chef de l’agence de presse RIA Novosti Ukraine, le journaliste russo-ukrainien Kirill Vychinski, accusé de haute trahison, a passé un peu plus d’un an dans les prisons ukrainiennes. Il a été libéré en septembre dernier à la faveur de l’échange de détenus auquel ont procédé Moscou et Kiev. Dans une interview exclusive au Courrier de Russie, celui qui est aujourd’hui directeur exécutif de l’agence d’information Rossia Segodnia répond aux accusations du pouvoir ukrainien.

Vous avez été condamné pour soixante-douze articles publiés sur votre site. Que leur était-il reproché ?

Kirill Vychinski : À l’époque où je travaillais en Ukraine, le gouvernement a réuni une commission composée de journalistes, de spécialistes des médias et de députés, chargée d’épingler les publications susceptibles de présenter « une menace » pour le pays. Ces gens ont fait leur travail honnêtement, correctement, en se contentant d’attirer l’attention sur certains médias, sans les condamner catégoriquement. Notre site ne figurait pas dans la quarantaine de titres de cette « liste noire ». Les articles que l’on me reproche n’ont pas été réunis par cette commission spécialisée, mais par des agents de la Sécurité intérieure ukrainienne.

Et encore, « articles » est un grand mot : il s’agissait pour beaucoup de simples dépêches d’information ! À titre d’exemple, après le référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie, en 2014, la frontière avec l’Ukraine est restée ouverte un certain temps, et les trains continuaient de circuler entre Kiev et Simferopol. Or la péninsule est passée à l’heure de Moscou. Nous avons donc publié cette information, qui intéressait les passagers potentiels : c’est important, une heure de décalage, quand on prend le train ! Eh bien, cette brève figure dans le dossier monté contre moi par la justice ukrainienne… Accusé de haute trahison, j’encourais douze ans de prison au minimum : c’est plus que pour certains assassinats !

On a beaucoup parlé de mon histoire parce que j’ai réellement été incarcéré, entre mai 2018 et août 2019.

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