Mikhaïl Gorbatchev : « Nous vivons des heures graves »

À l’occasion des trente ans de la chute du mur de Berlin, l’ancien président de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, revient pour les Izvestia sur un événement qui a bouleversé le monde, et confie ses inquiétudes face à l’avenir.

Avez-vous été surpris par la chute du mur de Berlin, au moment où on vous l’a apprise ?

Mikhaïl Gorbatchev : Non, ce n’était pas une surprise. Je ne dirais pas que nous nous attendions à ce qu’un mur qui tenait bon depuis vingt-huit ans s’écroule du jour au lendemain ; mais il y avait des manifestations depuis plusieurs mois en Allemagne de l’Est, et des slogans tels que « Nous sommes un seul peuple » ne laissaient pas le moindre doute sur les aspirations des participants. Celles-ci aboutiraient tôt ou tard à la chute du mur et elles s’inscrivaient plus généralement dans le mouvement de sortie de la « guerre froide » qui allait bouleverser la vie des gens à travers le monde.

Ce à quoi personne ne s’attendait – et les Occidentaux non plus –, c’est cette soudaine accélération de l’Histoire. Même les Allemands n’ont rien vu venir.

Lors d’une visite officielle en Allemagne de l’Ouest, pendant l’été 1989, des journalistes nous ont demandé – au chancelier Helmut Kohl et moi –, si nous avions évoqué une possible réunification de l’Allemagne. Réponse conjointe : « Oui, nous l’avons évoquée, mais ce n’est pas un sujet des plus actuels ». Vous connaissez la suite : le mur s’est écroulé quelques mois plus tard, la réunification a été proclamée l’année suivante et, à peine un mois après la réunification des deux Allemagnes, nous signions avec Helmut Kohl un traité de bon voisinage et de coopération…

Les tendances à risque se dessinent déjà clairement : mépris du droit international, retour de la militarisation dans la politique mondiale...

Aujourd’hui, de prétendus « experts » se chamaillent sans fin sur la question du « gagnant » et du « perdant » de ce traité. En réalité, ce texte satisfaisait tout le monde ! D’ailleurs, ses principales dispositions définissent aujourd’hui encore les termes des relations russo-allemandes.

Comment avez-vous appris la nouvelle de la chute du mur ?

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Traduit par Guilhem Pousson

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