Le Pamir, coupé du monde

Le Tadjikistan, dont plus de 30 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, est l’État le plus économiquement faible de l’ex-URSS. Traversé par les monts du Pamir, le pays occupe une position stratégique. Sa frontière commune avec l’Afghanistan est placée sous le contrôle des gardes-frontières tadjiks et du service de sécurité russe (FSB). Faute de moyens, les districts montagneux sont coupés du reste du territoire. Reportage du journaliste Chavkat Nazarov pour l’agence Fergana.

Au moins douze à treize heures de voiture, dont la moitié sur des routes défoncées, séparent Douchanbé, capitale du Tadjikistan, de Khorog. Aucune compagnie aérienne ne dessert le chef-lieu de la région autonome du Haut-Badakhchan, perché à 2 000 mètres d’altitude dans le Pamir. Les personnes physiquement incapables de supporter le trajet en voiture doivent attendre plusieurs semaines avant de pouvoir monter dans un hélicoptère de la fondation Aga Khan, le seul à effectuer des vols jusque-là. Peuplée de 220 000 habitants, la région – pourtant la plus vaste et la plus touristique du pays – est de facto coupée de la capitale.

La route de l’enfer

En juillet dernier, la sœur de Madina a fait le trajet de Khorog à Douchanbé pour se faire poser une prothèse de la hanche. Depuis sa sortie de l’hôpital, elle loge chez des proches. Les médecins lui interdisent de prendre la voiture pour rentrer chez elle, où ses enfants l’attendent.

À la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan. Crédit : Scanpix / Reuters

« Il n’y a pas de route sur la moitié du chemin, explique Madina. Elle ne supportera pas les chocs. »

Depuis le mois de juin, l’organisation humanitaire Pactec International effectue des vols à destination de Khorog. Un avion de six places décolle deux fois par semaine de l’aéroport militaire de Fakhrabad, à quelques dizaines de kilomètres de Douchanbé.

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Traduit par Guilhem Pousson