Docteur Boris et Mister Johnson

Nommé Premier ministre à la fin de juillet dernier, Boris Johnson n’a pas mis longtemps à afficher sa priorité, le « Brexit ». Pour l’heure, rien ne transparaît quant au type de relations qu’il souhaite entretenir avec la Russie.

Au parlement russe, les commentaires divergent sur cette nomination. Le nationaliste Anton Morozov (Parti libéral-démocrate, LDPR) l’a accueillie avec enthousiasme : « Boris Johnson a promis de sortir de l’Union européenne d’ici à la fin d’octobre, c’est un bon point pour la Russie. Avec le Brexit, de nombreuses capitales européennes souhaitent se rapprocher de Moscou et nouer avec nous des relations plus étroites. C’est par exemple le cas de Dublin », assure le député.

Ce point de vue n’est toutefois pas majoritaire parmi les parlementaires russes. « Les relations russo-britanniques n’ont rien à gagner de l’arrivée au pouvoir de M. Johnson, qui souffre de russophobie aiguë », a ainsi déclaré le sénateur Oleg Morozov, rappelant les violentes attaques de l’actuel Premier ministre à l’égard de la Russie, qu’il accuse d’avoir empoisonné, en mars 2018, l’ancien agent double Sergueï Skripal dans le sud de l’Angleterre, ainsi que son rôle dans l’adoption de sanctions contre Moscou.

Même son de cloche du côté du député communiste Dmitri Novikov, vice-président de la commission des Affaires étrangères de la Douma : « M. Johnson n’a pas l’indépendance nécessaire pour sortir des sentiers battus de la politique étrangère européenne. Il est peu probable qu’il se prononce en faveur d’une levée des sanctions ou qu’il cherche à améliorer le climat sur la scène internationale. »

« Les soldats de Poutine ont réussi à jeter les fous islamistes hors de Palmyre. »

Le sénateur Konstantin Kossatchev, de son côté, est encore plus sceptique. Pour lui, la perspective plus que probable d’un Brexit « dur » et les extravagances du nouveau locataire du 10 Downing street ne présagent rien de bon. « Les relations russo-britanniques resteront dans l’état de mortelle désolation où les ont plongées Johnson et consorts », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Au ministère des Affaires étrangères, certains diplomates sont toutefois plus nuancés : « Une fois le divorce avec l’UE effectif,

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Par Eugene Bai

Dernières nouvelles de la Russie

Russie-Venezuela : une amitié durable

Au Venezuela, la balance penche de plus en plus du côté… du Kremlin. Grâce au soutien de la Russie, le régime de Nicolas Maduro est sauvé et la menace d’intervention américaine semble écartée. Cependant, le pays est toujours au bord de la faillite.

 

3 octobre 2019

Oleg Smolenkov : L’espion qui jardinait

Au début de septembre 2019, The Washington Post, la chaîne CNN et The New York Times révèlent un scandale d’espionnage remontant à deux ans : la CIA aurait exfiltré en urgence un agent « haut placé au Kremlin », afin d’éviter qu’il ne soit découvert.

 

27 septembre 2019

Guerres modernes, soldats de fortune : Le boom des sociétés militaires privées en Russie

Officiellement, il n’y a pas de société militaire privée (SMP) en Russie. À la différence de certains pays, la Fédération ne leur reconnaît pas d’existence légale. Mais la réalité est très différente : depuis 2014, on trouve la trace de mercenaires russes, dans de nombreuses zones de conflit.

 

4 septembre 2019