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La Russie de retour au Conseil de l’Europe : Cinq ans de solitude

La Russie de retour
au Conseil de l'Europe :
Cinq ans de solitude

Le lundi 24 juin, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a décidé de restaurer la Russie dans ses droits (et notamment de lui rendre son droit de vote) après un conflit diplomatique de presque cinq ans qui a failli voir ce pays quitter définitivement l’institution dont il est membre depuis 1996.

Au printemps 2014, en réaction à l’annexion de la Crimée par la Russie et à sa participation présumée au conflit du Donbass, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) prive pour six mois les représentants russes de leur droit de vote.

En ouverture de la session suivante, en janvier 2015, le Britannique Robert Walter déclare : « Nous sommes face à une violation préoccupante des principes fondateurs du Conseil. Les sanctions prises en avril dernier doivent être prolongées ». L’idée d’une nouvelle suspension de la Russie est appuyée par une cinquantaine de parlementaires. La délégation russe est autorisée à assister aux débats mais pas à participer au vote.

Deux Europe

Les camps pour et contre sont d’abord relativement équilibrés, et personne n’imagine que la Russie puisse quitter l’institution. « C’est impensable dans l’Europe d’aujourd’hui », commente le secrétaire général du Conseil, Thorbjørn Jagland, qui ne souhaite pas voir s’instaurer « une ligne de démarcation » scindant à nouveau le continent, vingt-cinq ans après la fin de la « guerre froide ». Un départ de la Russie signifierait également priver ses 145 millions d’habitants de tout recours juridique devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui dépend de l'organisation intergouvernementale basée à Strasbourg.

Pour Paris et Berlin, maintenir Moscou à la table des négociations est le meilleur moyen de lui faire « entendre raison ».

Au gré de débats enflammés, le camp pro-sanction prend l'avantage. Il faut dire que la « défense » russe peut surprendre. Le sénateur Valeri Soudarenkov déclare ainsi : « N’oublions pas que 75 % de nos concitoyens ne trouvent rien à redire à ce que leur pays coupe les ponts avec l’APCE. »

Finalement, la délégation russe se voit proposer un compromis : elle est suspendue pour trois mois ; charge à elle de faire appliquer le cessez-le-feu dans le Donbass et d’œuvrer en faveur d’une désescalade. Moscou refuse. Alexeï Pouchkov, le chef de la délégation russe, déclare que celle-ci pratiquera la politique de la chaise vide jusqu’à la fin de l’année.

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