Nominations à la tête de l’UE :
Moscou jugera sur pièces

Au terme de plusieurs jours d’âpres discussions, les chefs d’État et de gouvernement des vingt-huit membres de l’Union européenne se sont accordés sur les nominations aux postes clefs de l’institution. À Moscou, les réactions sont plutôt réservées.

Le ministère des Affaires étrangères d’Union soviétique classait – de manière officieuse – les pays de l’Ouest selon que les relations qu’ils entretenaient avec le Kremlin étaient « bonnes », « fraîches » ou « plus-que-fraîches ». Cette dernière catégorie, qui supposait l’absence presque absolue de contacts, convient parfaitement pour décrire les rapports actuels entre la Russie et l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, les contacts sont quasi inexistants et se résument à des poignées de main peu chaleureuses lors des grandes rencontres internationales de type G20. Cela n’empêche pas Moscou de suivre attentivement le jeu de chaises musicales qui se déroule actuellement à la tête de l’UE.

Ursula von der Leyen, l’atlantiste

La nomination d’Ursula von der Leyen au poste de présidente de la Commission européenne a pris de court nombre d’observateurs russes. La ministre allemande de la Défense, fidèle d’Angela Merkel (considérée un temps comme pouvant prendre sa succession à Berlin), était surtout pressentie pour remplacer Jens Stoltenberg au secrétariat général de l’OTAN en 2020. C’était oublier l’importance et l’attrait que revêt la présidence de la Commission de l’UE. Au demeurant, il ne s’agit sans doute pas d’une bonne nouvelle pour les relations entre Moscou et Bruxelles.

Au ministère allemand de la Défense, Mme von der Leyen ne s’est pas particulièrement distinguée par sa souplesse à l’égard de la Russie. « Il est peu probable que cette atlantiste assumée change de position une fois à Bruxelles », estime Konstantin Kossatchev, président du comité pour les affaires internationales du Conseil de la Fédération.

Ursula von der Leyen. Crédit : lunajournal

Un pessimisme partagé par de nombreux observateurs. « Pour la Russie, c’était une des pires candidates. Elle est rigide et proaméricaine. De toute sa carrière, elle n’a jamais cherché à favoriser le moindre rapprochement avec Moscou, et il est probable qu’elle s’opposera à l’abandon des sanctions,

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Par Boris Iounanov

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