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Élections législatives ukrainiennes : Un Maïdan par les urnes

Élections législatives ukrainiennes
Un Maïdan par les urnes

À la veille des élections parlementaires ukrainiennes, qui se tiendront le dimanche 21 juillet, un constat s'impose : les discours ont changé. Les références à la révolution de Maïdan (2014) se font rares, et l’adhésion à l’Union européenne n’est plus l’argument en vogue. Seul thème commun aux législatives de 2019 et de 2014 : la nécessité de mettre un terme à la guerre dans le Donbass.

En cette fin de campagne électorale 2019, les débats ont quelque chose de plus terre-à-terre et de moins enflammés que d’habitude. Les discours sont moins agressifs, le nationalisme guerrier n’est plus en odeur de sainteté. La société ukrainienne est lasse des bouleversements, des effets de manche et des promesses sans lendemain dont l’a « gavée » l’ex-président Petro Porochenko pendant cinq ans. Les diatribes dirigées contre la Russie, les amendements constitutionnels, les immuables discours sur la nécessaire adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN, le révisionnisme historique, les croisades contre la langue russe et contre l’influence du patriarcat de Moscou… rien de cela n’a rempli les réfrigérateurs. Pire, la rhétorique ultra-patriotique du président élu en 2014 est peu à peu apparue comme un cache-misère, servant à masquer l’inexorable dégradation de la situation économique du pays.

En cinq ans, l’Ukraine est devenue le pays le plus pauvre du continent européen et a réussi à se brouiller avec presque tous ses voisins – la Russie, la Moldavie (en particulier la très russophile Transnistrie), la Hongrie, la Pologne… Il va sans dire que le vote massif (73 % des voix au second tour) en faveur d’un comédien célèbre, Volodymyr Zelensky, novice en politique, lors de la présidentielle du printemps dernier, était avant tout un vote de rejet contre Petro Porochenko. Désormais, la société ukrainienne attend du changement.

Le Macron ukrainien

Volodymyr Zelensky a annoncé la dissolution du parlement (la Rada suprême) et la convocation d’élections législatives anticipées (qui devaient initialement se tenir en octobre prochain) dès son discours d’investiture, le 20 mai dernier. Sa décision, approuvée par plus de 60 % de la population, le place dans une position semblable à celle d’Emmanuel Macron en 2017. Entré à l'Élysée le 7 mai, le président français avait obtenu la majorité à l'Assemblée nationale après la victoire de son mouvement, La République en Marche, aux législatives organisées un mois plus tard.

Zelensky et Macron sont tous deux des « populistes modérés », élus sur un discours de rejet des partis traditionnels,

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Par Konstantin Bondarenko, politologue, Kiev