Le Donbass séparatiste :
de l’utopie au désenchantement

Il y a cinq ans, alors que la révolution du Maïdan est victorieuse dans toute l'Ukraine, la guerre éclate dans le Donbass. Deux républiques populaires sont alors autoproclamés dans les agglomérations de Donestk (RPD) et de Lougansk (RPL). Ballotées entre la question de leur identité (ukrainienne ou russe ?) et les différents scénarios de règlement politique envisagés à Kiev, Moscou, Washington et Bruxelles, les deux entités sécessionnistes demeurent des États fantoches. Selon les Nations unies, le conflit a fait environ treize mille morts.

Automne 2014. Chaque jour, des milliers de personnes se rassemblent sur la place centrale de Donetsk, capitale régionale (environ un million d’habitants à l’époque) et ville industrielle du Donbass. De nombreux drapeaux russes sont brandis par les manifestants, comme sortis de nulle part. Certains Moscovites de passage n’hésitent pas à monter sur l’estrade pour scander que « le Donbass, c’est la Russie ». Ces slogans ne font pas l’unanimité : des habitants tentent de perturber le rassemblement à coups de klaxon. Ils sont rapidement repoussés par des jets de pierres. À quelques pas de là, des policiers sans armes observent la scène, l’air détaché. Dans la foule, une rumeur se répand : l’armée ukrainienne approche. Quelques semaines plus tard, les combats font rage aux portes de Donetsk et de Lougansk, l'autre grande ville insurgée de la région...

Maïdan et anti-Maïdan

« La situation s’est tendue dans le Donbass en réaction aux événements survenus à Kiev en novembre-décembre 2013. En marge des rassemblements de la place Maïdan, des groupuscules nationalistes [très hostiles à la Russie], comme l’Assemblée nationale ukrainienne-Autodéfense ukrainienne et les Patriotes d’Ukraine, se sont rassemblés pour former le parti Secteur droit. Leur but était clair : renverser le président [prorusse] Viktor Ianoukovitch, originaire du Donbass et finalement chassé du pouvoir en février 2014 », affirme le journaliste russe Roman Manekine, en poste à Donetsk depuis plusieurs années. En réaction, les manifestations se multiplient dans les grands centres russophones du sud et de l’est du pays, à Odessa, Donetsk, Kharkov, Lougansk, Dnepropetrovsk.

Rassemblement sur la place Maidan en février 2014. Crédit : Ukraina

En mars 2014, le conseil municipal de la ville de Donetsk approuve l’idée d’un référendum sur l’avenir du Donbass. Le 13, en plein cœur de la ville, des heurts entre manifestants pro- et anti-Maïdan font deux morts. Le 30, des milliers d’habitants se rassemblent pour réclamer, à nouveau, un référendum. « C’est un fait : la population s’est massivement mobilisée pour un rattachement du Donbass à la Russie », juge Roman Manekine.

Au début d’avril 2014, les partisans du Maïdan prêchent une « croisade » contre les régions rebelles.

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Gueorgui AlexandrovDonetsk

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