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Volodymyr Zelensky : un fauteuil présidentiel inconfortable

Volodymyr Zelensky
un fauteuil présidentiel inconfortable

En prenant place pour la première fois dans le fauteuil présidentiel, le jour de son investiture, le 20 mai dernier, Volodymyr Zelensky l’a trouvé « inconfortable ». Mais il se pourrait bien que cette sensation désagréable ne s’applique pas qu’au fauteuil, du moins dans les mois à venir… Dès sa prise de fonction, celui que l’on nomme simplement « Ze » a annoncé la dissolution de la Rada, convoquant des législatives anticipées pour le 21 juillet prochain.

Dans la série Le Serviteur du peuple, le personnage de Vassili Goloborodko, simple prof d’histoire devenu chef de l’État un peu par hasard, campé par Volodymyr Zelensky, se rendait au parlement à vélo. Dans la réalité, celui qui s’apprêtait à devenir, à 41 ans, le plus jeune président de l’Ukraine postsoviétique, s’est rendu à sa cérémonie d’investiture à pied… Le signal envoyé est clair : Volodymyr Zelensky est proche du peuple, et s’oppose à l’élite. Ce populisme – au demeurant diablement efficace – imprègne d’ailleurs toutes ses annonces depuis son élection : de l’interdiction faite aux fonctionnaires gouvernementaux et régionaux d’orner les murs de leurs bureaux de son portrait (« Accrochez-y plutôt une photo de vos enfants, afin de ne pas avoir honte de les regarder dans les yeux ») au refus de se faire appeler par son prénom et son patronyme (une marque de respect, dans les langues ukrainienne et russe), en passant par sa visite sur la ligne de front, dans le Donbass, accompagné d’une horde de journalistes, ou encore le rétablissement de la nationalité ukrainienne pour l’ex-président géorgien, Mikheil Saakachvili.

Mais les choses pourraient se révéler bien plus difficiles pour le vrai Zelensky que pour son personnage de télévision. En effet, le temps lui est compté : d'ici aux élections législatives anticipées qu'il a convoquées pour la fin de juillet, le nouveau président ne dispose pratiquement d’aucun appui au parlement. Les députés étant plus difficiles à convaincre que le simple électeur ukrainien, il faut s’y prendre autrement pour les séduire… ou les mater. Manifestement, Zelensky a résolument opté pour la deuxième solution. Dès sa prise de fonction, après avoir annoncé la dissolution de la Rada, il a espéré que, dans les deux mois à venir, ce même parlement réforme le système électoral, rétablisse la responsabilité pénale pour « enrichissement illégal » (qui n’a, en réalité, jamais été supprimée…) et abolisse l’immunité parlementaire.

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30 mai 2019