Belgorod-Poséidon :
le tandem de l’Apocalypse ?

À la fin d’avril, au cours d'une cérémonie officielle, les chantiers navals de Severodvinsk (dans le Grand Nord russe) ont lancé le sous-marin nucléaire Belgorod, destiné à porter les toutes nouvelles torpilles sous-marines à capacité nucléaire Poséidon.

Cette mise à flot ne signifie pas que le Belgorod soit prêt : les derniers tests de son réacteur nucléaire et les essais en mer sont prévus pour cet été, et le sous-marin ne sera livré qu'en 2020. Pourtant, Vladimir Poutine a suivi la cérémonie en direct, depuis les chantiers navals de Saint-Pétersbourg. S'il a émis l'espoir que « désormais, le calendrier de la construction serait respecté » – l'industrie navale russe est coutumière des longs chantiers inachevés –, il a surtout souligné le rôle crucial que le nouveau sous-marin serait amené à jouer dans la stratégie à long terme de la Marine de guerre nationale. « C'est [un événement] d'une importance primordiale pour la réalisation de nos grands projets de renforcement de la Flotte, pour une défense fiable et sûre des frontières maritimes de la Russie, pour la défense de nos intérêts sur toutes les mers du monde », a souligné le président russe.

En effet, seul spécimen existant d’un projet 09852 entouré de mystère, le Belgorod a vocation à porter le drone sous-marin Poséidon, appelé à devenir un élément fondamental du système de dissuasion nucléaire contre le « principal ennemi potentiel » de la Russie (comprendre : les États-Unis).

Le projet « Status-6 »

C'est en octobre 2015 que le monde entend parler pour la première fois de cette nouvelle arme. En marge d’une énième rencontre entre Vladimir Poutine et ses généraux, à Sotchi, les chaînes fédérales russes diffusent, « par erreur », les plans d'un système baptisé « Status-6 ». Le document indique que l’équipement est conçu pour « frapper des cibles côtières économiques vitales pour l’ennemi et endommager irrémédiablement son territoire en créant de vastes étendues radioactives inexploitables sur le long terme ».

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Alexandre Goltsexpert militaire

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