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Venezuela :
Moscou dresse l’inventaire

Le ton monte entre Moscou et Washington sur le dossier vénézuélien. L’arrivée de militaires russes à Caracas, à la fin de mars, a provoqué la fureur du président américain Donald Trump, qui a sommé les Russes de « quitter le pays ».

Le 24 mars, deux avions de l’armée russe – un An-124 et un Il-62 – atterrissent à l’aéroport international Maiquetía de Caracas, en provenance de la base aérienne de Hmeimim, en Syrie. À leur bord, selon le journaliste vénézuélien Javier Mayorca, quatre-vingt-dix-neuf soldats russes, sous le commandement du général-colonel Vassili Tonkochkourov, vice-chef d’état-major de l’armée de terre.

Arrivée des soldats russes à Caracas, le 24 mars 2019, crédit Twitter.

Moscou ne dément pas l’information. Selon un diplomate russe en poste à Caracas, « ces soldats viennent partager leur savoir-faire avec leurs homologues vénézuéliens, dans le cadre de la coopération militaire et technique bilatérale ». Ce déploiement « n’a rien de mystérieux : il est lié à l’application d’accords signés entre les deux pays il y a plusieurs années », poursuit le diplomate. Selon des sources vénézuéliennes officielles, citées par l’agence Associated Press, ce contingent est chargé d’une mission « d’entretien des équipements de conception russe et de formation des militaires vénézuéliens à leur utilisation ».

Pourtant, des versions bien différentes circulent, dès le 25 mars, dans la presse russe indépendante et sur les réseaux sociaux : pour les uns, Moscou s’apprêterait à soutenir militairement le président Maduro – ou à l’évacuer ; pour les autres, la Russie chercherait à protéger son ambassade au cas où la situation se détériorerait. Il s’agirait, par exemple, de mettre l’ambassadeur russe à l’abri d’éventuelles provocations.

Moscou a fourni à Caracas des systèmes de défense antiaérienne S-300, mais les militaires vénézuéliens sont incapables de s’en servir sans l’aide de spécialistes russes…

En outre, le 27 mars, des représentants du gouvernement américain, cités par l’agence Reuters, affirment que le contingent russe compte « des spécialistes des cyberattaques », chargés d’aider l’armée du président Maduro à espionner les opposants et à protéger ses infrastructures informatiques.

Toutefois, cette théorie des « cyberespions russes » ne résiste pas à l’analyse. En effet, le gouvernement vénézuélien s’appuie depuis une quinzaine d’années sur des agents des services secrets cubains, tout aussi compétents que leurs homologues russes,

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Eugene Bai

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29 janvier 2019

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