Ukraine : L’étroite marge de manœuvre de Zelensky

Avec 73,22 % des voix contre 24,45 % à Petro Porochenko, Volodymyr Zelensky a été élu président de l’Ukraine le dimanche 21 avril. Pour l’heure, le comédien ne peut s’appuyer sur aucune force politique existante pour gouverner.

La quinzaine de points de pourcentage séparant les deux candidats à l’issue du premier tour (où M. Zelensky avait rassemblé près du tiers des suffrages) a donc été un gouffre infranchissable pour le président sortant, qui n’a pas su profiter du « cirque politique » d’entre les deux tours pour rattraper son retard.

Pendant trois semaines, les deux candidats se sont en effet donnés en spectacle. Ils se sont d’abord soumis – devant les objectifs des photographes – à des analyses de sang afin de faire taire rumeurs et accusations, le président sortant étant raillé pour son prétendu penchant pour la bouteille, tandis que le comédien était soupçonné de consommer des substances illicites. Il y a eu ensuite l’invitation d’Emmanuel Macron, adressée aux deux candidats, à venir le rencontrer à Paris le 12 avril. M. Zelensky (reçu avant son adversaire) a ainsi connu son baptême du feu international avant d’avoir assumé la moindre charge politique dans son pays.

Les rumeurs douteuses colportées par le camp Porochenko sur le compte de Zelensky n’ont pas réussi à entamer la popularité du comédien.

Une grande partie des discussions ont ensuite porté sur… l’organisation du débat d'entre-deux-tours. M. Zelensky voulait qu’il ait lieu au stade Olympique de Kiev, tandis que M. Porochenko s’en tenait à la loi, qui déclare que la télévision publique est seule autorisée à accueillir un tel événement. Le comédien a eu gain de cause, mais la politique n’en est pas sortie grandie : devant environ soixante mille spectateurs (et des millions de téléspectateurs), les deux hommes se sont échangé piques et « vannes », oubliant de présenter leur programme respectif.

Parallèlement à ce duel relevant des jeux du cirque, les partisans des deux camps ont livré bataille sur les réseaux sociaux. Les uns (côté Zelensky) ont parlé renouveau du pays, dégagisme et fin d’un régime corrompu. Les autres (côté Porochenko) ont répondu patriotisme, Europe et barrage au « pantin des oligarques et du Kremlin ».

La foule venue assister au débat au stade Olympique de Kiev le 19 avril. Crédit : President.gov.ua

Enfin,

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Konstantin Bondarenkopolitologue, Kiev

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