Libye, nouveau théâtre d’affrontement russo-américain

Le monde voit se multiplier les crises régionales qui dégénèrent en situations de confrontation politico-militaire directe entre la Russie et les États-Unis : hier en Syrie, où l’intervention russe a finalement permis le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad, allié de Moscou et ennemi de Washington ; aujourd’hui au Venezuela, où les Russes soutiennent le président élu, Nicolas Maduro, contre son « successeur par intérim » autoproclamé, Juan Guaido, appuyé par les Américains. Et demain, en Libye, région stratégique clé du continent africain, qui pourrait bien être le théâtre d’un nouveau bras-de-fer entre les deux superpuissances.

Depuis le renversement et l’exécution sommaire du « Guide de la révolution » et leader inamovible Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est profondément instable. Aucun pouvoir  n’exerce son autorité sur l’ensemble du territoire, divisé en deux. Tripoli est le siège du « Gouvernement d’union nationale » du Premier ministre Fayez el-Sarraj, formé en 2016 sous l’égide de l’ONU. La Libye orientale – y compris le rivage du golfe de Syrte, où sont situés les principaux ports dédiés à l’exportation de pétrole – est aux mains du chef autoproclamé de l’« Armée nationale libyenne », le maréchal Khalifa Haftar, âgé de 75 ans, ancien compagnon d’armes de Kadhafi. La région abrite également le parlement libyen, la « Chambre des représentants », élue en 2014 et loyale, pour sa part, au « gouvernement provisoire ».

Un plan libyen du Kremlin ?

Le 4 avril dernier, Khalifa Haftar tente de prendre d’assaut la capitale, Tripoli, justifiant cette offensive par la nécessité d’« anéantir les groupes terroristes islamistes », ancrées dans l’Ouest du pays. Il espère le soutien de la population, selon lui « lassée du chaos », ainsi que le ralliement des groupes armés locaux et d’une partie des membres du gouvernement. Mais l’opération est un échec. En réalité, les combattants des milices, bataillons et autres divisions formés en 2011, lors de la révolte contre Kadhafi, et revenus pour la plupart depuis plusieurs années à la vie civile, se mobilisent en masse autour du gouvernement el-Sarraj. Les troupes d’Haftar sont repoussées, et la contre-offensive permet même aux forces pro-gouvernementales de reprendre le contrôle de plusieurs sites stratégiques.

Immeuble détruit dans le district d'Abu Salim à Tripoli à la suite de bombardements des forces pro-Haftar début avril.

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Eugene Bai

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