L’Europe face à Trump :
le silence des agneaux

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.

En février dernier, les États-Unis sont sortis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), conclu avec Moscou en 1987. La réaction des partenaires de Washington était particulièrement attendue, alors que les ministres des Affaires étrangères du G7 étaient réunis, les 5 et 6 avril derniers à Dinard, en France.

Les sommets du G7, dont le prochain se tiendra peu avant l’été dans l’île de la Réunion, sont toujours précédés de réunions interministérielles. Celle de Dinard s’annonçait particulièrement intéressante et fertile en discussions houleuses, tant les sujets de désaccord s’étaient accumulés, depuis quelques mois, entre Européens et Américains. De nombreuses personnalités politiques du Vieux Continent avaient ainsi régulièrement exprimé leur préoccupation après le retrait américain (aussitôt suivi du désengagement russe) du traité FNI.

Un allié mérité

« Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite », écrivait, il y a deux siècles, le philosophe français Joseph de Maistre – par ailleurs ambassadeur du royaume de Sardaigne à Saint-Pétersbourg. Cette réflexion a quelque chose de peu flatteur et de désagréable pour nombre d’entre nous, habitués que nous sommes à pester contre nos dirigeants et à considérer que nous méritons cent fois mieux. Depuis deux cents ans, la phrase de M. de Maistre a suscité nombre de commentaires et fait couler beaucoup d’encre. Mais si les apologistes des peuples et les contempteurs des gouvernants invoquent, tour à tour, le malheur intrinsèque à l’Histoire, la contingence des circonstances, la naïveté des uns et le machiavélisme des autres,

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Andreï Kortounov

Dernières nouvelles de la Russie

Moscou-Bruxelles,
une relation inachevée

Il y a trois ans, Bruxelles, par la voix de sa haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, appelait à une « coopération sélective » avec Moscou. Les bonnes intentions n’ont pas été suivies d’effet.

 

20 mai 2019

Les populistes,
ces faux amis de Moscou

À l’approche des élections européennes de mai prochain, une opinion est de plus en plus répandue dans les cercles politiques et parmi les politologues russes : seuls les partis populistes eurosceptiques seraient en mesure de tourner la page actuelle – relativement peu réjouissante – des relations entre Moscou et Bruxelles.

 

27 mars 2019

Vent d’Est sur Bruxelles

Signe des temps, les principaux acteurs de la scène internationale sont beaucoup plus préoccupés par leurs problèmes intérieurs que par les questions mondiales. On observe cette tendance à l’introspection politique (que d’aucuns qualifieraient d’« autisme politique ») tant aux États-Unis qu’en Russie, tant en Chine qu’en Inde.

 

7 mars 2019