Julian Assange,
agent russe malgré lui

Le cofondateur du site de publication de documents secrets WikiLeaks, l’Australien Julian Assange, arrêté le 11 avril par la police britannique dans l’enceinte de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il était réfugié depuis 2012, risque aujourd’hui l’extradition – et un procès – aux États-Unis. L’intervention de Moscou, qui a aussitôt et vivement dénoncé une « atteinte aux droits du lanceur d’alerte », ravive les soupçons de collusion entre Assange et le Kremlin.

Jusqu’à cette arrestation, Julian Assange semblait un peu tombé dans l’oubli : on n’avait plus, depuis longtemps, entendu parler de son quotidien à l’ambassade d’Équateur, de son « comportement en matière d’hygiène » ou de la façon dont on y traitait son chat. Surtout, le monde a beaucoup changé depuis que Quito a recueilli le journaliste au sein de sa représentation diplomatique à Londres, en 2012. Donald Trump a remplacé Barack Obama à la Maison-Blanche – une victoire que les commentateurs libéraux attribuent d’ailleurs en grande partie aux révélations de WikiLeaks durant la campagne. L’Équateur aussi s’est doté d’un nouveau président, Lenín Morero. Son prédécesseur, Rafael Correa, qui avait fait le choix de protéger Assange, vit aujourd’hui en exil en Belgique. Le pays est désormais aux mains d'un « ami » de Washington qui a mis fin à l’asile de l’Australien, l’accusant d’avoir tenté de créer « un centre d’espionnage » au sein de l’ambassade, et le jetant ainsi en pâture à Scotland Yard.

Traître ou défenseur de la liberté ?

Dans le monde entier, des voix se sont élevées pour dénoncer l’arrestation de Julian Assange et rappeler le travail colossal réalisé par sa plateforme, depuis sa création, en matière de dénonciation de scandales de corruption, d’espionnage et de violations des droits de l’Homme.

« Assange ne rentre pas dans les cases de l’image manichéenne du monde qui caractérise les relations internationales aujourd’hui. »

Le 16 avril dernier, le groupe parlementaire européen Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique a décerné à Julian Assange son prix annuel récompensant les « journalistes, lanceurs d’alertes et défenseurs du droit à l’information » (c’est la lauréate du prix Nobel de la Paix 1976, Mairead Corrigan, qui l’a reçu en son nom). Les représentants du collectif Anonymous, pour leur part, ont promis des représailles aux autorités britanniques, si elles décidaient effectivement de remettre Assange à la justice américaine.

Rencontre entre Lenin Moreno, président de l’Équateur, et Mike Pence, vice-président des États-Unis,

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Eugene Bai

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