Vent d’Est sur Bruxelles

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.

Signe des temps, les principaux acteurs de la scène internationale sont beaucoup plus préoccupés par leurs problèmes intérieurs que par les questions mondiales. On observe cette tendance à l’introspection politique (que d’aucuns qualifieraient d’« autisme politique ») tant aux États-Unis qu’en Russie, tant en Chine qu’en Inde. Cependant, elle se manifeste d’une manière particulièrement évidente dans une Union européenne (UE) qui doit s’occuper à la fois, entre autres, de son divorce avec le Royaume-Uni, de ses prochaines élections parlementaires, de la discipline budgétaire de la zone euro et des tensions causées par l’afflux des migrants. Dans ces conditions, Bruxelles n’a que peu de temps et d’énergie à consacrer à l’élaboration d’une politique extérieure commune à tous ses membres.

Péril jaune 2.0

Pourtant, l’UE dépend bien plus, par nature, du monde qui l’entoure que les États-Unis, la Chine ou la Russie. L’isolationnisme – même sélectif – que d’aucuns appellent parfois de leurs vœux est pour Bruxelles un luxe interdit. Et si cette dernière n’est pas prête actuellement à s’occuper du reste du monde, le reste du monde, lui, est plus que prêt à s’occuper d’elle. L’intérêt extrême porté par Pékin au Vieux Continent en est un exemple édifiant.

À la fin de l’année dernière, le président de la République populaire de Chine,

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Andreï Kortounov

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Moscou-Bruxelles,
une relation inachevée

Il y a trois ans, Bruxelles, par la voix de sa haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, appelait à une « coopération sélective » avec Moscou. Les bonnes intentions n’ont pas été suivies d’effet.

 

20 mai 2019

L’Europe face à Trump :
le silence des agneaux

En février dernier, les États-Unis sont sortis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), conclu avec Moscou en 1987. La réaction des partenaires de Washington était particulièrement attendue, alors que les ministres des Affaires étrangères du G7 étaient réunis, les 5 et 6 avril derniers à Dinard, en France.

 

15 avril 2019

Les populistes,
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À l’approche des élections européennes de mai prochain, une opinion est de plus en plus répandue dans les cercles politiques et parmi les politologues russes : seuls les partis populistes eurosceptiques seraient en mesure de tourner la page actuelle – relativement peu réjouissante – des relations entre Moscou et Bruxelles.

 

27 mars 2019