L’après-Bouteflika sous l’œil de Moscou

L'Algérie se prépare à tourner la page Abdelaziz Bouteflika : après l'armée, c'est le Rassemblement national démocratique (RND), principal soutien politique du président algérien, qui vient de lui demander de passer la main. Tout comme Paris, Moscou suit la situation d’un œil attentif et inquiet.

En 2011, le « Printemps arabe » n’avait apporté avec lui qu’un vent de changement modéré en Algérie. Tandis que les régimes s’effondraient en Tunisie et en Libye, les quelques manifestations survenues dans le pays n’avaient abouti qu’à de très rares concessions du pouvoir. Huit ans plus tard, la tempête gronde à Alger. Le plus gros coup de tonnerre a retenti le 11 mars, lorsque Abdelaziz Bouteflika (quatre-vingt-trois ans), à la tête du pays depuis 1999, s’est adressé au peuple algérien, via un texte publié par l'agence officielle APS, pour lui annoncer qu'il ne briguerait pas de cinquième mandat et qu'il reportait les élections sine die (et, implicitement, qu'il prolongeait son mandat au-delà de son terme). Depuis, les manifestations s’enchaînent.

Un pays « ami » de la Russie

Les scènes de joie qui ont suivi l'annonce du président ont vite laissé place au doute et à l'incertitude, dans le pays et bien au-delà de ses frontières. La Russie, qui a su s’imposer comme un partenaire militaire et économique majeur de l'Algérie (4,6 milliards de dollars d'échanges commerciaux en 2017, dont près de 3 milliards dans le cadre de la coopération militaire), voit d'un mauvais œil la persistance de troubles, qui pourraient, à terme, porter atteinte à ses intérêts en Afrique du Nord.

« Aucun projet ambitieux de la France, de l'Italie ou de l'Union européenne en Afrique ou en Méditerranée ne peut se faire sans l’aval de l'Algérie. »

Invitée à commenter la situation, le 12 mars dernier, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, s’est contentée d'indiquer que Moscou « espérait que les problèmes continueraient d’être résolus de manière constructive et responsable ». Réaffirmant le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, défendu inlassablement par le Kremlin depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 2000,

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Thibaut de Maistre et David François

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23 avril 2019