fbpx

Démission de Noursoultan Nazarbaïev : Comment partir pour mieux rester ?

Depuis une semaine, le Kazakhstan n’est plus dirigé par Noursoultan Nazarbaïev. Celui qui présidait aux destinées de ce pays d’Asie centrale quatre fois plus grand que la France depuis l’effondrement de l’Union soviétique, a quitté ses fonctions le mardi 19 mars. Aujourd’hui et jusqu’à l’élection présidentielle de 2020, le pouvoir se trouve entre les mains de l’ancien président du Sénat, Kassym-Jomart Tokaïev.

Le 19 mars 2019 à 19 h 00 (heure locale), Noursoultan Nazarbaïev, soixante-dix-huit ans, dernier poids lourd de l’élite politique soviétique encore à la tête d’un État, apparaît sur tous les écrans de télévision du pays et annonce à la nation qu’il quitte ses fonctions de président. Aussitôt, l’inquiétude s’empare des dix-neuf millions de Kazakhs : Comment est-ce possible ? Part-il de son plein gré ? Qui l’y oblige ? Que va devenir le pays, dirigé personnellement et d’une main de fer depuis vingt-neuf ans par M. Nazarbaïev ?

« Au moment de l’allocution présidentielle, j’étais en visite chez un patient. En entendant la nouvelle, nous avons cessé de parler, interloqués, désemparés. Démoralisés. C’était tellement inattendu. En rentrant chez moi, je voyais tous ces gens le nez dans leur téléphone, à lire et à relire la nouvelle, sans y croire. L’inquiétude était palpable », témoigne Irina, cinquante-cinq ans, médecin, interrogée par le correspondant du quotidien RBC à Astana. Elle poursuit : « Pourvu que la situation n’empire pas. Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre… »

Le Conseil de sécurité – toujours dirigé par M. Nazarbaïev – est aujourd’hui un nouveau pôle d’influence politique susceptible de concurrencer le pouvoir exécutif.

Le nom du successeur de Noursoultan Nazarbaïev ne risquait pas de rassurer les plus inquiets. Dans les cercles de pouvoir kazakh, le président du Sénat Kassym-Jomart Tokaïev, soixante-cinq ans, est présenté comme une personnalité bien moins influente, par exemple, que le patron du Renseignement et ancien Premier ministre Karim Massimov.

Une surprise… attendue

La surprise provoquée par la nouvelle du départ du chef de l’État kazakh ne saurait occulter l’extrême minutie avec laquelle elle a été préparée ces derniers mois.

Cérémonie de passation de pouvoir entre Noursoultan Nazarbaïev (à gauche) et Kassym-Jomart Tokaïev (à droite) le 20 mars au Sénat kazakh. Crédit : Liter.kz

M. Nazarbaïev a d’abord publiquement soumis au Conseil constitutionnel la question suivante : la démission du président de la République est-elle conforme à la Constitution ? Réponse positive de la haute autorité juridique. Le parlement a ensuite élargi les pouvoirs du Conseil de sécurité du Kazakhstan (SBK), que l’ancien chef de l’État va continuer de diriger – à vie, grâce à un amendement voté au même moment. Dans les faits, le SBK constitue aujourd’hui un nouveau pôle d’influence politique susceptible de concurrencer directement l’administration présidentielle et le gouvernement.

Enfin, depuis deux mois, les prises de parole de M. Tokaïev sont devenues de plus en plus fréquentes,

[…]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Boris Iounanov

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Affaire Baring Vostok :
« Vous avez lu le dossier ? »

Vendredi 15 février 2019, un des plus anciens investisseurs étrangers en Russie, l’Américain Michael Calvey, créateur du fond d’investissement Baring Vostok, était arrêté pour escroquerie avec plusieurs de ses associés, dont un ressortissant français Philippe Delpal. Un tribunal de Moscou vient de prolonger la détention provisoire de ce dernier, permettant au seul Michael Calvey – assigné à résidence – de retrouver sa famille. Les milieux d’affaires s’interrogent sur ce qui semble s’apparenter à une différence de traitement…Tribunal de Basmanny, samedi 9 avril : « Mon arrestation est d’une sévérité sans commune mesure avec les faits incriminés », s’indigne auprès de la juge Natalia Doudal, Philippe Delpal, accusé, avec son associé, Michael Calvey, et quatre autres prévenus, d’avoir escroqué la banque russe Vostotchny à hauteur de 33 millions d’euros. Il se plaint également, à maintes reprises, de ses conditions de détention : impossibilité de téléphoner à ses proches, de voir son épouse ou d’écrire en français à sa famille. « Je ne vois pas en quoi téléphoner à ma fille pourrait entraver le travail des enquêteurs », s’emporte le banquier français, tout en rappelant que les visites de son avocat sont limitées. M. Delpal demande au magistrat que sa détention provisoire soit requalifiée en assignation à résidence, assurant la justice russe de sa totale coopération. « Je n’ai aucune intention de quitter Moscou et la Russie, où j’ai fait ma vie. Pour preuve de bonne foi, je suis prêt à remettre mon passeport [où figure son visa russe, nécessaire pour quitter le pays, ndlr] aux enquêteurs », ajoute-t-il. Sa requête est rejetée fermement par la juge, qui prolonge la détention provisoire jusqu’au 14 juillet.Delpal, Calvey, deux attitudes…De toute évidence, personne n’a pris la peine d’informer M. Delpal des règles en vigueur en Russie. En détention provisoire, les appels téléphoniques sont soumis à l’autorisation écrite de l’inspecteur chargé de l’enquête. Quant aux lettres et e-mails, ils sont passés au crible de la « censure ». Et lorsque la personne qui en est responsable se trouve en congé (comme cela semble avoir été le cas récemment), tout contact avec l’extérieur est impossible…Le français Philippe Delpal lors de son arrestation le 15 février 2019. Crédit : VedomostiMais au-delà de ses conditions de détention, le banquier français se scandalise surtout de son interpellation : « J’ai été profondément choqué par ce procédé. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

11 avril 2019
International

Fiodor Loukianov :
« L’Europe n’a pas la tête à la Russie »

Depuis le début de l’année, la Russie s’est engagée dans la résolution de plusieurs crises internationales – au Venezuela, au Cachemire – avec des résultats mitigés. Dans le même temps, ses relations avec l’Ukraine, l’Union européenne et les États-Unis restent tendues. Fiodor Loukianov, président du Conseil de politique extérieure et de défense (SVOP), un influent think tank russe, livre son analyse de la situation.LCDR : Le 31 mars prochain se tiendra le premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne. Le président sortant, Petro Porochenko, se place actuellement en troisième position des sondages (16 %) derrière l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko (18 %) et le comédien Volodymyr Zelensky (24 %). Comment les relations russo-ukrainiennes pourraient-elles évoluer en cas de changement à Kiev ?Fiodor Loukianov : En ce qui concerne la crise que traverse aujourd’hui l’Ukraine, soyons réalistes : аucune évolution positive n’est à attendre du côté ukrainien. Quel que soit le vainqueur de la présidentielle, il n’aura que peu d’influence sur l’agenda politique ukrainien [dominé par les questions de la Crimée et du Donbass, ndlr]. Toutefois, l’issue du scrutin pourrait éventuellement influer sur les relations avec la Russie. Pas si le président actuel, Petro Porochenko, est réélu : de ce côté-là, la cause est entendue. Mais l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko pourrait, en cas de victoire, adopter une position légèrement plus favorable à Moscou – en tout cas amorcer un dialogue avec le Kremlin. Je rappellerai que, sous la présidence du pro-russe Viktor Ianoukovitch (2010-2014), Mme Timochenko s’est retrouvée en prison en partie à cause d’accords de livraisons gazières signés avec la Russie et prétendument défavorables à Kiev. Quelle ironie ! Mais la situation actuelle est bien différente, et la vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain. Tout ce qu’on peut espérer, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

13 mars 2019
Opinions

Conflit Inde-Pakistan, 
un casse-tête chinois pour Moscou

La Russie est la première puissance étrangère à avoir proposé son aide dans le règlement de la nouvelle crise opposant l’Inde et le Pakistan. Sur ce dossier, Moscou semble toutefois avoir agi par une sorte de réflexe diplomatique, sans grande conviction, trop consciente de la difficulté de parvenir à un apaisement entre deux pays en conflit depuis plus d’un quart de siècle.Le 27 février, le ciel du Cachemire, la région au cœur du conflit opposant l’Inde et le Pakistan depuis 1947, est le théâtre d’une bataille aérienne intense mettant aux prises trente-deux avions de combat, huit côté indien (quatre SU-30MKI russes, deux Mig-21 soviétiques et deux Dassault Mirage 2000 modernisés français), et vingt-quatre côté pakistanais (dont huit F-16, quatre Dassault Mirage III, et quatre chasseurs-bombardiers sino-pakistanais JF-17 Thunder).Curieusement, tous les grands journaux russes ont titré, en substance : « Su-30 russes contre F-16 américains dans le Cachemire ». Comme si l’affrontement indo-pakistanais était avant tout l’écho du bras-de-fer opposant actuellement Moscou et Washington sur la scène internationale. Ironie du sort, le Pakistan, équipé d’appareils américains, est en train de se rapprocher politiquement de la Russie, tandis que l’Inde, armée de Soukhoï russes, partage aujourd’hui largement les intérêts de Washington.Excès de prudenceL’actuelle dégradation des relations entre les deux voisins est survenue après qu’un terroriste s’est fait exploser, le 14 février dernier, près d’un convoi de policiers paramilitaires indiens dans l’État du Jammu-et-Cachemire, le « Cachemire indien », situé au nord du pays. L’attaque, qui a fait quarante-cinq victimes, a été revendiquée par le Jaish-e-Mohammed, un groupe terroriste soutenu, selon New Dehli, par Islamabad. Le lendemain de l’attentat, l’armée de l’air indienne a envoyé douze avions de chasse Mirage 2000 anéantir des camps d’entraînement du groupe, situés dans le Cachemire pakistanais. En réponse à ces « frappes chirurgicales », pour reprendre l’expression des autorités de Delhi, et pour prouver sa capacité de réaction, l’armée pakistanaise a bombardé plusieurs sites militaires du Cachemire indien.Si Islamabad a aussitôt accepté la proposition de médiation russe, New Dehli a conservé, plusieurs jours durant, un silence glacial.Moscou, de son côté, n’est intervenue qu’après que les deux États se sont directement et violemment affrontés dans les airs – en clair, quand elle a compris que l’escalade des tensions risquait d’atteindre un point de non-retour, et que le conflit pouvait enflammer toute la région. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 mars 2019

Vous êtes actuellement hors ligne