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Présidentielle ukrainienne :
une affaire d’oligarques

La campagne présidentielle a commencé, en Ukraine, pour les vingt-huit candidats (un record historique !) approuvés par la Commission électorale centrale. À moins de deux mois du premier tour, qui se déroulera le 31 mars prochain, trois favoris se détachent : l’acteur et réalisateur Volodymyr Zelensky (entre 19 % et 24 % des intentions de vote), l’ancienne Première ministre (notamment de 2007 à 2010) et leader du parti Patrie Ioulia Timochenko (18 %) et le président sortant Petro Porochenko (15 %).

La campagne présidentielle de 2019 ne se distingue pas seulement par son nombre record de candidats. Sa principale caractéristique est la lutte menée par chaque candidat contre sa propre impopularité. Ainsi, selon un récent sondage de l’institut Rating, 50,3 % des Ukrainiens n’imaginent pas voter pour Petro Porochenko et 26,4 %, pour Ioulia Timochenko. Volodymyr Zelensky s’en tire mieux, avec seulement 10 % d’opinion défavorable. Dans un pays où peu espèrent une amélioration significative de leurs conditions de vie à court ou moyen terme, l’élection de l’acteur, rendu célèbre par une émission humoristique, Vetcherny Kvartal (« Quartier du soir »), et une série comique, Slouga naroda (« Le serviteur du peuple »), apparaîtrait comme un moindre mal.

La candidature du comédien, qui n’avait, récemment encore, jamais fait de politique, rappelle à certains égards celle de Coluche en France, en 1981. Ce dernier avait lui aussi réalisé de bons scores dans les sondages, qui en faisaient le troisième homme du scrutin derrière Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Il s’était finalement retiré à un peu plus d’un mois du premier tour, notamment sous la pression du Parti socialiste, qui craignait qu’il ne prenne une partie des voix acquises à son candidat. Pour l’heure, Volodymyr Zelensky est en tête des sondages…

Ioulia Timochenko apparaît comme la candidate « anti-Porochenko » et l’opposante la plus sérieuse au président sortant.

Par ailleurs, l’élection de mars, qui se déroule sur fond de guerre dans l’est du pays, de grave crise économique et sociale et d’émigration massive de la population, ne se tiendra pas sur une partie significative du territoire ukrainien. On ne votera pas en Crimée (comme en 2014, année de l’annexion de la péninsule par la Russie) ni dans les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. À ces quelque cinq millions d’Ukrainiens qui ne pourront pas se rendre aux urnes, s’ajoutent les trois millions de leurs compatriotes travaillant en Russie, que la Commission électorale centrale a privés de droit de vote : les représentations consulaires ukrainiennes de Russie n’ouvriront pas de bureaux cette année. L’absence d’un tiers des électeurs pose évidemment la question de la pertinence, de la transparence et de l’équité du scrutin.

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Konstantin Bondarenkopolitologue, Kiev

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International

Zelensky, un clown à prendre
au sérieux

A moins de deux mois de la présidentielle du 31 mars 2019, l’acteur de télévision Volodymyr Zelensky représente un concurrent sérieux pour les deux principaux candidats, le président Petro Porochenko et l’ancienne Première ministre Ioulia Timochenko.

7 février 2019

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