Nord Stream 2, le gazoduc de la discorde

Au début de février, Paris et Berlin se sont entendues pour que la « directive sur le gaz », qui fait partie du « troisième paquet Énergie », ne soit pas révisée pour le moment. Les amendements, proposés par la Commission européenne en 2017 et soutenus par le président français Emmanuel Macron, visaient à libéraliser le marché européen du gaz et de l’électricité et à étendre les compétences juridiques de Bruxelles en la matière. En pratique, ils auraient considérablement limité le rôle de Gazprom dans le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui doit relier la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique. Voulu par Berlin, le tube devrait être achevé en 2020. Konstantin Simonov, directeur de la Fondation nationale russe pour la sécurité énergétique, commente ce dossier hautement politique.

LCDR : En quoi consistait la révision du troisième paquet Énergie de l’Union européenne (UE), proposée par la Commission européenne et soutenue par Paris ?

Konstantin Simonov : Il faut d’abord comprendre ce qu’est le troisième paquet Énergie et, plus précisément, sa « directive sur le gaz » : ce texte, qui date de 2009, impose une décentralisation et une démonopolisation maximales des livraisons de gaz sur le territoire de l’Union européenne. Dans la pratique, il sépare les fonctions de transporteur et de producteur du gaz. Ce dernier est propriétaire du gazoduc, c’est tout. La gestion effective du transport et de la distribution revient à l’opérateur du gazoduc, qui agit en totale autonomie : il génère et gère les bénéfices, reverse les dividendes à ses actionnaires, etc. Aujourd’hui, le troisième paquet Énergie ne s’applique qu’aux gazoducs terrestres. La révision proposée en 2017 l’étendrait aux tubes sous-marins – donc à Nord Stream 2. De fait, Gazprom serait alors forcé de céder les fonctions d’opérateur à une entreprise indépendante. Le géant russe se verrait en outre contraint de renoncer à 50 % des capacités du gazoduc – dont il possède aujourd’hui la totalité –, en les mettant aux enchères, au profit d’autres producteurs.

Konstantin Simonov, directeur de la Fondation nationale russe pour la sécurité énergétique.

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Propos recueillis par Anastasia Sedukhina

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