Le Kremlin prépare l’après-Maduro

Tandis que le président Nicolás Maduro apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale, la Russie se pose des questions sur la stratégie à adopter au Venezuela, un pays où elle compte d’importants actifs financiers et industriels.

Le 10 février 2019, l’agence Reuters a annoncé que la société pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) allait transférer tous les comptes de ses coentreprises, visées par les lourdes sanctions américaines, vers la banque russe Gazprombank. Cette dernière, présente à Caracas depuis plus de dix ans, s’est empressée de démentir l’information. Cela n’a rien d’étonnant : la banque russe, elle-même sanctionnée depuis le début de la crise ukrainienne en 2014, veut à tout prix éviter de se retrouver au cœur d’un scandale international. Toutefois, les déclarations publiques de la banque ne signifient pas que l’opération ne s’est pas effectuée. Ces trois dernières années, les investissements russes dans le secteur pétrolier vénézuélien s’élèvent à 6,5 milliards de dollars, tandis que la dette globale de PDVSA auprès du pétrolier Rosneft atteint 2,3 milliards de dollars. De toute évidence, Juan Guaidó, le président de l'Assemblée nationale – qui s’est autoproclamé président de la République par intérim le 23 janvier –, n’a pas complètement tort d’affirmer que la Russie est plus préoccupée par le sort de ses investissements que par celui du président Maduro.

Selon l’opposition, quatre-vingt-dix pourcents des soldats seraient prêts à reconnaître Juan Guaidó. Bien que ce chiffre soit probablement très exagéré, Maduro ne peut plus compter sur l’armée pour réprimer les manifestations.

Les doutes du Kremlin

Le 6 février, l’agence Bloomberg a publié un article repris par tous les grands médias russes, dans lequel deux sources proches du Kremlin affirment que Moscou commence à douter sérieusement de la stabilité du gouvernement de Maduro et de sa capacité à gérer la crise politique à laquelle il est confronté. En outre, on s’inquiète, en haut lieu, de voir Caracas épuiser le soutien financier russe sans parvenir à redresser la situation économique catastrophique du pays. « Le temps joue contre Maduro », a récemment commenté Vladimir Djabarov, membre du comité des affaires internationales du Sénat russe, cité par Bloomberg. Selon lui, une aggravation de la situation pourrait retourner définitivement la société vénézuélienne contre son président. Or Moscou ne voit plus comment sortir Maduro du gouffre financier abyssal dans lequel il se trouve.

Les hauts responsables russes ne cachent plus leur perplexité depuis la fin de janvier.

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Eugene Bai

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