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Paris à la croisée des chemins

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.

Le 2 février 2019, les États-Unis se sont retirés du traité FNI sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. La Russie leur a aussitôt emboîté le pas. Lorsque j’évoque les conséquences de ce double retrait avec des politologues français, je me heurte régulièrement à une sorte de détachement, comme si la France observait le duel épique que se livrent Américains et Russes, depuis le premier rang d’un amphithéâtre romain, applaudissant mollement les premiers et huant par habitude les seconds, sans la moindre envie de descendre dans l’arène pour se mêler au combat. Bien que la fin du traité FNI ait nécessairement des conséquences sur la sécurité en Europe, Paris semble considérer la question nucléaire comme relevant des prérogatives exclusives de Moscou et de Washington.

Le précédent iranien

Est-ce vraiment le cas ? Existe-t-il réellement un monopole russo-américain sur le contrôle des armes nucléaires ? Un exemple datant du début de ce siècle nous permet d’en douter.

Peu se souviennent aujourd’hui des premières négociations multilatérales sur le programme nucléaire iranien. En octobre 2003, Jack Straw, Dominique de Villepin et Joschka Fischer, respectivement ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne, s’étaient rendus à Téhéran afin, d’une part, de convaincre le président de la République islamique d’Iran – alors Mohammad Khatami – de respecter les exigences de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et, d’autre part, de lui donner des garanties quant au respect du droit de son pays à développer un programme nucléaire civil.

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Par Andreï Kortounov

Dernières nouvelles de la Russie

International

Imprévisible Europe
Les défis du Vieux Continent pour 2019

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.Avant de réfléchir à l’avenir de l’Europe, commençons par nous remémorer son passé récent. Nul doute que le Vieux Continent a connu en 2016 l’année la plus difficile de ce début de siècle. Cette année-là, sous l’incompétente direction du cabinet de David Cameron, le Royaume-Uni se prononçait en faveur du Brexit, et les États-Unis élisaient à la Maison-Blanche un Donald Trump qui n’a jamais caché son antipathie pour le projet européen. En 2016, l’Europe se retrouvait confrontée à une vague sans précédent de réfugiés et de migrants, tandis que le populisme de droite menaçait d’envahir son espace politique. Les institutions de l’Union européenne (UE) enregistraient une forte perte de confiance de la part des citoyens du continent, et Bruxelles était en proie au doute et au pessimisme. Les eurosceptiques remportaient victoire sur victoire : ce grandiose édifice qu’est l’UE, bâti au long de décennies, semblait devoir s’écrouler tel un château de cartes, à la prochaine crise.Annus mirabilisHeureusement pour les Européens – et pour le monde entier –, l’apocalypse n’a finalement pas eu lieu. Dans l’ensemble, Bruxelles a plutôt bien résisté au choc provoqué par la décision des Britanniques de quitter l’Union, et les dirigeants européens se sont accoutumés au style politique particulier du locataire de la Maison-Blanche.En 2017, les populistes ont subi deux coups d’arrêt : aux Pays-Bas, aux élections législatives, le Parti pour la liberté (PVV) – formation de droite radicale pour les uns, ou d’extrême droite pour les autres – est arrivé seulement deuxième, avec 13 % des voix, tandis qu’en France, le candidat libéral et pro-européen, Emmanuel Macron, remportait l’élection présidentielle. En Allemagne aussi, la poussée de l’extrême droite a été contenue [aux élections législatives, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

23 janvier 2019

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