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Serbie : Vladimir Poutine joue son va-tout dans les Balkans

Vladimir Poutine est aujourd’hui en visite à Belgrade, au moment où son « allié » serbe se trouve face à une alternative diplomatique décisive : rester dans le giron de Moscou ou se tourner vers l’ouest… et rejoindre l’OTAN.

Paris, 11 novembre 2018. Une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement commémorent le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Après la cérémonie officielle, organisée au pied de l’Arc de Triomphe, le cortège se rend au palais de l’Élysée. En marge de la réception, les hôtes évoquent divers sujets, de manière informelle – aucune rencontre bilatérale n’a été prévue. Un homme grand, imposant, s’approche de Vladimir Poutine et lui serre la main : « Bonjour, Monsieur le Président. Très heureux de vous voir. » Il s’agit de Hashim Thaçi, président de la République du Kosovo (dont l’indépendance, proclamée en 2008, est reconnue par la plupart des pays occidentaux, dont la France, mais pas par la Russie et d’autres nations comme la Chine ou l’Espagne). Ancien chef de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) dans les années 1990, Hashim Thaçi est accusé (notamment sur la base d’un rapport du Conseil de l’Europe) d’avoir participé à différents trafics (drogue, organes humains) pour financer les activités de l’UÇK.

Mondanités kosovares

Le président russe ne laisse rien paraître de sa surprise et s’entretient pendant plusieurs minutes avec le dirigeant kosovar. Le photographe officiel de M. Thaçi en profite pour immortaliser l’instant. Ces clichés historiques sont publiés le lendemain sur le compte Twitter du président du Kosovo, accompagnés du commentaire : « J’ai rencontré le président Poutine à Paris. Notre entretien a été consacré à la normalisation des relations entre le Kosovo et la Serbie. Sur ce point, le président Poutine s’est montré précis. Il m’a confié : Si vous (le Kosovo et la Serbie) vous entendez sur un accord de paix, la Russie le soutiendra. »

Vladimir Poutine sait parfaitement que les discussions entre Serbes et Kosovars patinent depuis plusieurs mois.

Le fait que le Kremlin n’ait pas communiqué sur la « rencontre » entre MM. Poutine et Thaçi n’a aucune importance pour ce dernier : le leader kosovar apprécie surtout de pouvoir ajouter à sa collection une poignée de main avec un acteur international influent, qui témoigne, en outre, depuis plusieurs années, d’un intérêt croissant pour la question balkanique. La finalité de ces « clichés pour l’Histoire » reste, aux yeux de M. Thaçi, de lui permettre d’acquérir peu à peu une stature internationale et de s’attirer un maximum de soutiens en vue des difficiles négociations qu’il doit mener avec Belgrade sur la question de la reconnaissance de l’indépendance de son pays par la Serbie.

Depuis de longs mois, des discussions se déroulent sous l’égide de l’Union européenne, dont les représentants ont maintes fois déclaré qu’ils espéraient un compromis pour le printemps 2019.

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Boris Iounanov

Dernières nouvelles de la Russie

International

Ukraine : Le saut dans l’inconnu

Le second tour de la présidentielle ukrainienne se tiendra dimanche prochain, 21 avril. À Kiev, plus personne ne semble en douter : le président sortant, Petro Porochenko, sera battu par Volodymyr Zelensky, un comédien novice en politique.Selon l’un des derniers sondages publié par l’Institut international de sociologie de Kiev, avec 72,2 % d’intentions de vote, Volodymyr Zelensky est en passe de battre largement Petro Porochenko, crédité seulement de 25,4 %. Un écart gigantesque (47 points) qui confirme une tendance esquissée dès le premier tour de cette élection présidentielle, le 31 mars dernier.Quand le bateau coule…Il y a cinq ans de cela, quelques jours avant que le président prorusse, Viktor Ianoukovitch, ne fuie la capitale ukrainienne (le 22 février 2014), hauts fonctionnaires et oligarques se pressaient à l’aéroport international Boryspil de Kiev, cherchant à quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Ils avaient compris que les dés étaient jetés pour celui dont les Ukrainiens allaient bientôt découvrir, à la télévision, les trésors cachés et les dorures de la luxueuse résidence de Mejgorié. Le vent du changement commençait à souffler sérieusement, mieux valait s’envoler avant qu’il ne tourne à l’orage. L’entourage du chef perçoit bien souvent la défaite avant le principal intéressé. Et l’histoire semble à nouveau se répéter.Valeri Kondratiouk et Petro Porochenko à Kiev en juillet 2015 Crédit nv.ua« Quand le bateau coule, les rats quittent le navire. C’est ce qu’on observe aujourd’hui. Dans l’équipe de Porochenko, personne ne croit plus à sa victoire. Certains tentent de tourner casaque. Même dans les services de sécurité, les défections sont légion », commentait récemment le député Sergueï Tarouta, éphémère gouverneur (mars-octobre 2014) de la région de Donetsk. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 avril 2019
Politique

Affaire Baring Vostok :
« Vous avez lu le dossier ? »

Vendredi 15 février 2019, un des plus anciens investisseurs étrangers en Russie, l’Américain Michael Calvey, créateur du fond d’investissement Baring Vostok, était arrêté pour escroquerie avec plusieurs de ses associés, dont un ressortissant français Philippe Delpal. Un tribunal de Moscou vient de prolonger la détention provisoire de ce dernier, permettant au seul Michael Calvey – assigné à résidence – de retrouver sa famille. Les milieux d’affaires s’interrogent sur ce qui semble s’apparenter à une différence de traitement…Tribunal de Basmanny, samedi 9 avril : « Mon arrestation est d’une sévérité sans commune mesure avec les faits incriminés », s’indigne auprès de la juge Natalia Doudal, Philippe Delpal, accusé, avec son associé, Michael Calvey, et quatre autres prévenus, d’avoir escroqué la banque russe Vostotchny à hauteur de 33 millions d’euros. Il se plaint également, à maintes reprises, de ses conditions de détention : impossibilité de téléphoner à ses proches, de voir son épouse ou d’écrire en français à sa famille. « Je ne vois pas en quoi téléphoner à ma fille pourrait entraver le travail des enquêteurs », s’emporte le banquier français, tout en rappelant que les visites de son avocat sont limitées. M. Delpal demande au magistrat que sa détention provisoire soit requalifiée en assignation à résidence, assurant la justice russe de sa totale coopération. « Je n’ai aucune intention de quitter Moscou et la Russie, où j’ai fait ma vie. Pour preuve de bonne foi, je suis prêt à remettre mon passeport [où figure son visa russe, nécessaire pour quitter le pays, ndlr] aux enquêteurs », ajoute-t-il. Sa requête est rejetée fermement par la juge, qui prolonge la détention provisoire jusqu’au 14 juillet.Delpal, Calvey, deux attitudes…De toute évidence, personne n’a pris la peine d’informer M. Delpal des règles en vigueur en Russie. En détention provisoire, les appels téléphoniques sont soumis à l’autorisation écrite de l’inspecteur chargé de l’enquête. Quant aux lettres et e-mails, ils sont passés au crible de la « censure ». Et lorsque la personne qui en est responsable se trouve en congé (comme cela semble avoir été le cas récemment), tout contact avec l’extérieur est impossible…Le français Philippe Delpal lors de son arrestation le 15 février 2019. Crédit : VedomostiMais au-delà de ses conditions de détention, le banquier français se scandalise surtout de son interpellation : « J’ai été profondément choqué par ce procédé. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

11 avril 2019
International

Démission de Noursoultan Nazarbaïev : Comment partir pour mieux rester ?

Depuis une semaine, le Kazakhstan n’est plus dirigé par Noursoultan Nazarbaïev. Celui qui présidait aux destinées de ce pays d’Asie centrale quatre fois plus grand que la France depuis l’effondrement de l’Union soviétique, a quitté ses fonctions le mardi 19 mars. Aujourd’hui et jusqu’à l’élection présidentielle de 2020, le pouvoir se trouve entre les mains de l’ancien président du Sénat, Kassym-Jomart Tokaïev.Le 19 mars 2019 à 19 h 00 (heure locale), Noursoultan Nazarbaïev, soixante-dix-huit ans, dernier poids lourd de l’élite politique soviétique encore à la tête d’un État, apparaît sur tous les écrans de télévision du pays et annonce à la nation qu’il quitte ses fonctions de président. Aussitôt, l’inquiétude s’empare des dix-neuf millions de Kazakhs : Comment est-ce possible ? Part-il de son plein gré ? Qui l’y oblige ? Que va devenir le pays, dirigé personnellement et d’une main de fer depuis vingt-neuf ans par M. Nazarbaïev ?« Au moment de l’allocution présidentielle, j’étais en visite chez un patient. En entendant la nouvelle, nous avons cessé de parler, interloqués, désemparés. Démoralisés. C’était tellement inattendu. En rentrant chez moi, je voyais tous ces gens le nez dans leur téléphone, à lire et à relire la nouvelle, sans y croire. L’inquiétude était palpable », témoigne Irina, cinquante-cinq ans, médecin, interrogée par le correspondant du quotidien RBC à Astana. Elle poursuit : « Pourvu que la situation n’empire pas. Pourvu qu’il n’y ait pas la guerre… »Le Conseil de sécurité – toujours dirigé par M. Nazarbaïev – est aujourd’hui un nouveau pôle d’influence politique susceptible de concurrencer le pouvoir exécutif.Le nom du successeur de Noursoultan Nazarbaïev ne risquait pas de rassurer les plus inquiets. Dans les cercles de pouvoir kazakh, le président du Sénat Kassym-Jomart Tokaïev, soixante-cinq ans, est présenté comme une personnalité bien moins influente, par exemple, que le patron du Renseignement et ancien Premier ministre Karim Massimov.Une surprise… attendueLa surprise provoquée par la nouvelle du départ du chef de l’État kazakh ne saurait occulter l’extrême minutie avec laquelle elle a été préparée ces derniers mois.Cérémonie de passation de pouvoir entre Noursoultan Nazarbaïev (à gauche) et Kassym-Jomart Tokaïev (à droite) le 20 mars au Sénat kazakh. Crédit : Liter.kzM. Nazarbaïev a d’abord publiquement soumis au Conseil constitutionnel la question suivante : la démission du président de la République est-elle conforme à la Constitution ? Réponse positive de la haute autorité juridique. Le parlement a ensuite élargi les pouvoirs du Conseil de sécurité du Kazakhstan (SBK), que l’ancien chef de l’État va continuer de diriger – à vie, grâce à un amendement voté au même moment. Dans les faits, le SBK constitue aujourd’hui un nouveau pôle d’influence politique susceptible de concurrencer directement l’administration présidentielle et le gouvernement.Enfin, depuis deux mois, les prises de parole de M. Tokaïev sont devenues de plus en plus fréquentes, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 mars 2019

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