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Paul Whelan, pion ou espion ?

L’arrestation, survenue le 28 décembre dernier à Moscou, de Paul Whelan, citoyen américain accusé d’espionnage par les autorités russes, vient clôturer une année 2018 riche en affaires semblables entre la Russie et les pays occidentaux.

Le 28 décembre dernier, les agents des services de sécurité russes (FSB) appréhendent dans une chambre de l’hôtel Metropol, à Moscou, Paul Whelan, 48 ans, citoyen américain en visite dans le pays. Accusé d’espionnage, il est aussitôt incarcéré dans la prison de Lefortovo. Une fois la nouvelle de son arrestation rendue publique (le 31 décembre), des détails concernant la biographie de l’espion présumé font rapidement surface dans les médias russes : ancien marine engagé dans l’armée américaine, Paul Whelan aurait effectué plusieurs missions en Irak avant d’être renvoyé de l’armée pour vol. Il se serait ensuite reconverti dans la sécurité privée. Venu cette fois-ci en Russie pour assister au mariage d’un ami,

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Léo Vidal-Giraud

Dernières nouvelles de la Russie

Société

La culture bouriate en quête d’un avenir

Les Bouriates – l’une des trois grandes ethnies mongoles – sont intégrés à la Russie depuis le XVIe siècle. Mise en péril par des décennies de persécutions et de politique d’assimilation, mal protégée par la législation russe, leur culture est aujourd’hui en danger. Quelques personnes, comme Solbon Sanjiev, chef du Corps des volontaires du Baïkal, une association de pompiers volontaires luttant contre les incendies de forêt, tentent d’enrayer son déclin.Quand Solbon Sanjiev parcourt en voiture les routes forestières de sa Bouriatie natale, il interrompt régulièrement sa conduite pour esquisser un signe de la main droite, paume levée, comme un salut. C’est un signe religieux, effectué au passage d’un site sacré. Parfois, sans un mot, il baisse à demi la vitre du véhicule et jette à l’extérieur quelques graines qu’il vient de sortir du vide-poche. Rien n’indique ces lieux. Il faut les connaître pour savoir comment les honorer de ces gestes millénaires venus de la culture tengriste, l’antique religion animiste du peuple mongol, mêlée de bouddhisme et de chamanisme, dont le lac Baïkal est la mer sacrée. C’est de cette culture que proviennent les rubans aux couleurs vives que l’on aperçoit régulièrement le long des routes, noués aux troncs des arbres.rubans traditionnels noués autour des arbres. Crédit Strana.ruCes rubans sont un symbole en péril. Sur les réseaux sociaux notamment, des voix s’élèvent pour dénoncer une pratique perçue comme polluante. L’argument a le don d’exaspérer Solbon : « Alors, on peut couper les arbres n’importe comment et jeter ses ordures dans la forêt, mais quelques rubans de couleur, c’est de la pollution ? C’est à cause de telles âneries que la culture bouriate disparaît ! »Les Bouriates ne représentent que 31 % de la population de leur république, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

10 janvier 2019
Société

La vieillesse, ennemie du peuple

Le niveau de vie des personnes âgées dans la capitale russe reste deux à trois fois inférieur à celui des actifs. Pour autant, l’ancienne génération refuse de se plaindre de son sort. Autant par dignité que par atavisme soviétique, les vieux Russes se contentent de ce que le gouvernement veut bien leur accorder, dans une grande indifférence sociale. Boris Lvovitch accueille les visiteurs avec un grand sourire, dans son deux-pièces situé au septième étage d’un grand immeuble préfabriqué de la périphérie de Moscou. Malgré ses quatre-vingt-onze ans, l’ancien ingénieur passe allègrement d’une pièce à l’autre pour un rapide tour du propriétaire : ici le salon, la table de travail, l’ordinateur et la bibliothèque ; là, la chambre à coucher, le vélo d’appartement, les photographies de famille (enfants et petits-enfants, sa femme décédée il y a sept ans) ; et, pour finir, la cuisine : « Prenez place, voulez-vous un café ? » Les yeux du vieil homme pétillent, sa bonne humeur est communicative. « J’ai de la chance, estime Boris Lvovitch. Tout le monde n’a pas le bonheur d’être propriétaire à Moscou. Pour les personnes âgées dont ce n’est pas le cas, il n’y a le choix qu’entre la vie en appartement communautaire ou la maison de retraite. Pour moi, la maison de retraite, c’est inenvisageable. Je ne veux y aller sous aucun prétexte. On y est mal traité. » « Le grand âge est toujours stigmatisé en Russie, reconnaît Oksana Siniavskaïa, directrice adjointe de l’Institut de politique sociale de la Haute École d’Économie de Moscou.  Les structures de soins sont mal adaptées aux seniors, et l’accueil qu’ils y reçoivent est souvent déplorable. » Les Russes n’envisagent les maisons de retraite qu’en tout dernier ressort, lorsque aucune autre solution n’est possible. « De nombreux jeunes adultes s’efforcent de faire déménager leurs parents à Moscou où les aides sociales améliorent leurs conditions de vie. » « En théorie, avec une ordonnance d’un médecin, tous les médicaments sont gratuits pour les retraités. Mais dans les faits, il est souvent impossible de les trouver en pharmacie, et les équivalents [non pris en charge par la caisse des retraites, ndlr] sont inabordables », explique Boris Lvovitch. L’État n’alloue que huit cents roubles par mois (moins de dix euros) et par personne à l’achat de médicaments. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Teral Goe / Unsplash28 novembre 2018
Culture

Quand les Soviétiques inventaient le cinéma en 3D

Fondé en 1929 pour équiper en caméras la jeune industrie cinématographique soviétique, l’Institut expérimental de cinématographie a inventé le cinéma en trois dimensions dès les années 1940. Aujourd’hui, le laboratoire survit grâce à des commandes privées, tandis que les prototypes prennent la poussière dans un vieil immeuble stalinien du centre de Moscou. C’est l’un de ces grands ensembles néo-classiques staliniens que l’on trouve à travers Moscou, avec ses arches monumentales, ses colonnades en brique beige et ses bas-reliefs défraîchis à la gloire du prolétariat. Alentour, de vastes esplanades, de larges artères encombrées de voitures et des rues baptisées en l’honneur des héros du travail socialiste. Nous sommes dans la Moscou stalinienne, celle du soviétisme triomphant d’après-guerre. L’Institut scientifique expérimental de cinématographie et de photographie (NIKFI) y occupait autrefois un bâtiment entier, juste en face de l’académie des cadres du Parti communiste de l’Union soviétique. Aujourd’hui, cette dernière est devenue une université d’économie, tandis que le NIKFI s’est ratatiné. Seuls deux étages d’une petite aile de lui sont réservés, dans un édifice qu’il partage désormais avec un centre d’affaires, une banque, deux restaurants japonais, une pizzeria et une agence de voyages. Si l’immeuble date des années 1950, l’histoire du NIKFI remonte à la fin des années 1920. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 novembre 2018

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