Imprévisible Europe
Les défis du Vieux Continent pour 2019

Andreï Kortounov est le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales (Russian International Affairs Council, RIAC), l’un des plus importants think-tanks russes.

Avant de réfléchir à l’avenir de l’Europe, commençons par nous remémorer son passé récent. Nul doute que le Vieux Continent a connu en 2016 l’année la plus difficile de ce début de siècle. Cette année-là, sous l'incompétente direction du cabinet de David Cameron, le Royaume-Uni se prononçait en faveur du Brexit, et les États-Unis élisaient à la Maison-Blanche un Donald Trump qui n’a jamais caché son antipathie pour le projet européen. En 2016, l’Europe se retrouvait confrontée à une vague sans précédent de réfugiés et de migrants, tandis que le populisme de droite menaçait d’envahir son espace politique. Les institutions de l’Union européenne (UE) enregistraient une forte perte de confiance de la part des citoyens du continent, et Bruxelles était en proie au doute et au pessimisme. Les eurosceptiques remportaient victoire sur victoire : ce grandiose édifice qu’est l’UE, bâti au long de décennies, semblait devoir s’écrouler tel un château de cartes, à la prochaine crise.

Annus mirabilis

Heureusement pour les Européens – et pour le monde entier –, l’apocalypse n’a finalement pas eu lieu. Dans l’ensemble, Bruxelles a plutôt bien résisté au choc provoqué par la décision des Britanniques de quitter l’Union, et les dirigeants européens se sont accoutumés au style politique particulier du locataire de la Maison-Blanche.

En 2017, les populistes ont subi deux coups d’arrêt : aux Pays-Bas, aux élections législatives, le Parti pour la liberté (PVV) – formation de droite radicale pour les uns, ou d’extrême droite pour les autres – est arrivé seulement deuxième, avec 13 % des voix, tandis qu'en France, le candidat libéral et pro-européen, Emmanuel Macron, remportait l’élection présidentielle. En Allemagne aussi, la poussée de l’extrême droite a été contenue [aux élections législatives,

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Par Andreï Kortounov

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Il y a trois ans, Bruxelles, par la voix de sa haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, appelait à une « coopération sélective » avec Moscou. Les bonnes intentions n’ont pas été suivies d’effet.

 

20 mai 2019

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27 mars 2019