Loi martiale en Ukraine : Petro Porochenko joue-t-il avec le feu?

Nombre d’Ukrainiens sont persuadés, lorsque les gardes-côtes russes capturent trois navires de leur marine de guerre dans le détroit de Kertch, le 25 novembre dernier, que leur pays est au bord d’un conflit avec la Russie. Ce n’est pour l’instant pas le cas. Mais avec l’instauration de la loi martiale et la fermeture des frontières aux citoyens russes de sexe masculin en âge de se battre, Kiev ne fait pas dans la demi-mesure.

L’incident du 25 novembre comporte de nombreuses zones d’ombre. Selon Kiev, les navires ukrainiens ont le droit de traverser le détroit de Kertch en vertu du traité bilatéral de 2003, accordant à la mer d’Azov le statut juridique de mer intérieure, à la fois ukrainienne et russe ; l’intervention russe doit donc être considérée comme une agression. Moscou, au contraire, estime que les bateaux ukrainiens ont pénétré dans ses eaux territoriales (le détroit de Kertch relie la péninsule de Crimée, revendiquée par la Russie, au reste du pays) sans en avoir été autorisés par les autorités compétentes, d’où leur arraisonnement.

Kiev et Moscou ont donc fait le choix du pire en toute connaissance de cause.

La partie ukrainienne était-elle consciente, au moment des faits, de la possibilité que les gardes-côtes russes fassent usage de la force ? Sans aucun doute. La partie russe comprenait-elle que l’usage de la force aggraverait son cas aux yeux d’une communauté internationale qui ne reconnaît toujours pas le rattachement de la Crimée à la Russie ? Bien entendu. Kiev et Moscou ont donc fait le choix du pire en toute connaissance de cause.

Et les conséquences de l’incident, […]

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Konstantin Bondarenko, politologue, Kiev

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Opinions

Détroit de Kertch : Du bon usage de la loi du plus fort

L’arraisonnement de trois navires ukrainiens par les gardes-côtes russes dans le détroit de Kertch, le 25 novembre dernier, a provoqué un incident diplomatique d’une ampleur imprévue pour Moscou.

5 décembre 2018

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