Caracas-Moscou-Téhéran, la mère de toutes les provocations

Début décembre, la Russie a envoyé à Caracas des avions militaires, officiellement pour procéder à des « manœuvres conjointes avec l’armée de l’air vénézuélienne ». Elle ne l’avait pas fait depuis dix ans, soit depuis une période où les relations internationales étaient incomparablement moins tendues. Si l’escadrille russe n’a passé que quatre jours sur place, la nervosité de Washington était palpable : parmi les engins déployés dans cette « arrière-cour des États-Unis », on retrouvait notamment deux bombardiers stratégiques Tu-160, capables d’emporter des charges nucléaires. Pourquoi Moscou s'est-elle livrée un tel étalage de puissance ?Le 10 décembre dernier, deux bombardiers stratégiques Tu-160, un très gros transporteur aérien An-125 et un avion de ligne long courrier Il-62 des Forces aérospatiales russes parcourent les 10 000 kilomètres qui séparent la Russie du Venezuela. Ils sont escortés et surveillés, à diverses étapes de leur trajet, par des chasseurs F-16 des armées norvégienne, islandaise et britannique notamment.La revue en ligne The Washington Free Beacon est la première à annoncer – et à commenter – ce déploiement, avant même l’arrivée des avions à Caracas. Citant des représentants de la Défense américaine, le site écrit : « Le Pentagone va suivre très attentivement les déplacements de ces deux Blackjack (le code OTAN des Tu-160, ndlr), car ce sont des avions capables de lancer des missiles sur des cibles situées aux États-Unis. »Les experts militaires russes soulignent toutefois que les vols longue distance de Tu-160 sont de plus en plus fréquents ces derniers temps. Fin octobre 2018, des bombardiers russes ont ainsi été déployés au large des côtes norvégiennes – immédiatement escortés par deux chasseurs de la Royal Air Force britannique, basés en Écosse. Moscou, pas le moins du monde embarrassée, avait alors expliqué qu’il s’agissait d’un simple « vol planifié au-dessus des eaux neutres des mers de Barents et de Norvège ».

L’indignation du Département d’État

Commentant l’envoi de cette escadrille au Venezuela, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, ne cache pas son irritation : « Les peuples russe et vénézuélien devraient voir la situation comme elle est : deux gouvernements corrompus qui gaspillent les fonds publics et écrasent l’indépendance et la liberté pendant que leurs peuples souffrent », s’emporte-t-il sur Twitter.L’attaque est aussitôt relevée par Moscou : « Ce n’est pas à [M. Pompeo] de décider ce que notre gouvernement doit faire de son argent, et c’est encore moins à lui d’en juger, assène le sénateur russe Vladimir Djabarov. Il ferait mieux de se rappeler à quelles fins est dépensé l’argent des contribuables américains : à financer toutes les révolutions de couleur en Afrique du Nord et au Proche-Orient,

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Eugene Bai

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