Minsk-Varsovie : Partie d’échecs en Europe orientale

La frontière qui sépare la Pologne de la Biélorussie pourrait bientôt devenir l’épicentre d’une nouvelle confrontation entre blocs militaires en Europe. Depuis que la Pologne a annoncé son projet de déployer à ses frais une division blindée américaine sur son territoire, Moscou a relancé des discussions sur la création d’une base aérienne russe en Biélorussie.Varsovie attend une réponse de Washington concernant son offre, faite au printemps, d’accueillir une division blindée américaine sur son territoire, près de la frontière biélorusse. La Pologne promet de débloquer entre 1,5 et 2 milliards de dollars pour la création des infrastructures de la base militaire, qu’elle propose de baptiser « Fort Trump » en l’honneur du président américain. Pour l’état-major polonais cette somme devrait suffire à construire un polygone d'entraînement, des entrepôts, des hangars, des immeubles d'habitation, ainsi que des magasins et des salles de sport à l’intention des soldats.Si les États-unis réservent encore leur réponse, les réactions n’ont pas tardé en Biélorussie.« Si les politiques polonais dépensent des milliards de dollars pour déployer sur leur sol des équipements militaires et des bataillons américains, il va de soi que nous réagirons », a souligné Alexandre Loukachenko lors d’une assemblée restreinte de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est tenue le 31 octobre dernier, à Minsk. Et le président biélorusse d’ajouter que la réaction de la Biélorussie et de son principal allié, la Russie, serait « appropriée ».Quelques jours plus tard, Alexandre Loukachenko a toutefois revu sa position. Au cours d’une discussion avec des analystes américains, il a ainsi déclaré : « Actuellement, je ne vois pas la nécessité de faire venir un autre État, y compris la Russie, sur le territoire biélorusse en vue d’assurer sa défense. Pour cette raison, nous nous opposons fermement à la construction d’une base aérienne. Si nécessaire, entre trois et cinq minutes suffisent à un avion russe pour atteindre la frontière biélorusse. Pourquoi, dès lors, construire une base ici, à découvert, au risque d’offrir une cible à un éventuel agresseur ? »

Valse-hésitation biélorusse

Depuis l’effondrement de l’URSS, en 1991, la Russie maintient deux sites militaires en Biélorussie : l’un est un centre de télécommunication de la marine, l’autre accueille des radars d’alerte précoce.

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Alexandre Golts

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