Élection présidentielle en Géorgie : l’ombre de Mikheil Saakachvili

Le 28 novembre se tiendra le second tour de l’élection présidentielle géorgienne, opposant Salomé Zourabichvili (candidate indépendante soutenue par le parti au pouvoir, le Rêve géorgien) et Grigol Vachadze (Mouvement national uni). Le résultat sera attentivement suivi par Moscou, même s’il ne devrait pas avoir de conséquences immédiates sur les relations russo-géorgiennes.Le président ne joue pas un rôle décisif dans la république parlementaire qu’est la Géorgie actuelle. Les principaux pouvoirs sont détenus par le gouvernement, qui mène la politique décidée par le parti vainqueur des élections législatives – actuellement le Rêve géorgien, qui dispose de 115 sièges sur 150. Toutefois, si l’élection du 28 novembre (la dernière au suffrage universel : dans cinq ans, le chef de l’État sera désigné par un collège de grands électeurs parlementaires) peut, à certains égards, être considérée comme un test important en vue du scrutin législatif de 2020, le nouveau président jouira d'une prérogative qui pourrait changer la donne sur le plan tant national qu'international : le droit de grâce. En ligne de mire, le retour de l'enfant terrible de la vie politique géorgienne, l'ex-président Mikheil Saakachvili, poursuivi par la justice pour détournement de fonds publics, corruption et abus de pouvoir. Un retour redouté par l’homme qui, à Tbilissi, tire depuis cinq ans les ficelles du pouvoir, le milliardaire Bidzina Ivanichvili.

Bidzina Ivanichvili, le faiseur de rois

Il y a sept ans, en 2012, Bidzina Ivanichvili fait irruption sur la scène politique géorgienne en défiant Mikheil Saakachvili, alors à la tête du pays, soutenu par les États-Unis et par l’Union européenne. Malgré sa réputation d’oligarque proche de la Russie (il y a fait fortune, notamment dans les secteurs bancaire, immobilier et pharmaceutique), l’homme d’affaires réussit à former une solide coalition, le Rêve géorgien, qui remporte les élections législatives et le nomme Premier ministre. En quelques mois à peine, le nouvel homme fort de la Géorgie met hors jeu Mikheil Saakachvili et son parti,

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Sergueï Markedonov

Dernières nouvelles de la Russie

Guiorgui Ougoulava : « Aujourd’hui en Géorgie, être proeuropéen signifie être antirusse. »

Guiorgui Ougoulava, dit Guigui, a 28 ans lorsqu’il participe à la Révolution des Roses aux côtés de Mikheil Saakachvili. En 2005, il devient maire de Tbilissi, poste qu’il occupera jusqu'à ce que Bidzina Ivanichvili ne s’empare du pouvoir.

27 novembre 2018

Présidentielle géorgienne : la bataille des communicants

À l’issue du premier tour de la présidentielle géorgienne, le 28 octobre dernier, le candidat du parti d’opposition Mouvement national uni, Grigol Vachadze, a remporté 37,73 % des suffrages, contre 38,64 % seulement pour son adversaire, la candidate indépendante Salomé Zourabichvili, pourtant soutenue par le parti au pouvoir, le Rêve géorgien.

 

27 novembre 2018