La Russie pourrait quitter le Conseil de l’Europe

Moscou pourrait bientôt décider de quitter le Conseil de l’Europe. C’est avec cette annonce inattendue que Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération de Russie (la chambre haute du Parlement russe), a reçu, le 20 septembre dernier, Liliane Maury Pasquier, présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

La visite de Liliane Maury Pasquier avait pour but de convaincre la Russie de restaurer sa contribution au budget du Conseil de l’Europe, dont elle préside l’assemblée parlementaire (APCE). Pour mémoire, Moscou ne participe plus au budget du Conseil de l’Europe depuis l’été 2017, en réaction à la suspension du droit de vote de sa délégation, décidée après l’annexion et le rattachement de la Crimée à la Russie, en mars 2014. Or, avec une dotation de près de 33 millions d’euros en 2016-2017 (la France contribue à hauteur de 37,5 millions), la Russie est le quatrième contributeur de l’institution. Un enjeu de taille, donc, pour une visite qui a pris des allures de douche froide pour la présidente suisse de l’APCE.

Une légitimité remise en cause

Recevant Liliane Maury Pasquier, Valentina Matvienko a déclaré que Moscou pourrait bientôt quitter le Conseil de l’Europe. Une décision « mûrement réfléchie », a-t-elle précisé. Selon elle, l’APCE n’a pas le droit de discriminer certains parlementaires élus « de tel ou tel peuple » en leur refusant le droit de siéger en son sein. Mme Matvienko estime qu’en sanctionnant la Russie comme elle le fait, l’assemblée « contredit et bafoue un principe fondamental : le respect de l’expression de la volonté du peuple ». « Pour nous, la légitimité des décisions prises par cette institution est désormais remise en question », affirme Mme Matvienko, rappelant que l’APCE continue d’élire les juges de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH, […]

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Vladimir Vachtchenko

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Alexeï Navalny,
retour à la case prison

L’actualité s’emballe, en cette rentrée politique, avec l’arrestation à son domicile à Moscou, le 25 août, de l’opposant Alexeï Navalny. Jugé le 27 août, il a été condamné à trente jours de détention administrative. Alexeï Navalny dénonce une peine politique, censée l’empêcher de participer à la grande manifestation nationale de protestation contre le relèvement de l’âge de la retraite, prévue le 9 septembre, jour d’élections régionales et municipales en Russie. L’arrestation de l’activiste a été confiée à des hommes des forces spéciales du ministère de l’Intérieur, habituellement chargées du maintien de l’ordre public lors des manifestations. Lors de l’interpellation, l’un d’eux a accidentellement cassé un doigt à Alexeï Navalny, qui a dû être conduit à l’hôpital, où il a passé deux heures. Alexeï Navalny est accusé d’avoir appelé la population à participer, le 28 janvier 2018, à un rassemblement non autorisé pour protester contre le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle et appeler au boycott du scrutin. Il a été jugé pour « infraction aux règles d’organisation des manifestations », un délit fréquent dans le pays, puni le plus souvent de vingt jours de détention administrative. Avec Alexandre le clochard Bénéficiant apparemment de conditions d’emprisonnement assez favorables, l’opposant n° 1 du Kremlin a finalement pu communiquer par téléphone depuis sa cellule, affirmant, sur son site, qu’il se portait bien : « Je me trouve dans une cellule du commissariat Danilovski en compagnie d’Alexandre, clochard de 66 ans (il a atteint l’âge de la retraite !). […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 août 2018
Politique

Nouvelle Grandeur : Une opposition radicalisée par le pouvoir ?

Depuis six mois, la société civile russe est agitée par le scandale de l’affaire « Nouvelle Grandeur », du nom d’un groupe de jeunes opposants originaires de Moscou et de sa région. L’organisation a été inscrite sur la liste des « groupuscules extrémistes » de Russie, et dix de ses membres ont été appréhendés en mars dernier, dont Anna Pavlikova et Maria Doubovik, respectivement 17 et 19 ans au moment de leur arrestation. Le 16 août, les deux jeunes femmes ont été libérées et assignées à résidence, dans l’attente de leur procès. Selon les enquêteurs, Nouvelle Grandeur a été créée en novembre 2017, par sept hommes et deux femmes, afin « de renverser le gouvernement russe par la violence », notamment « en participant à des révoltes populaires et des actions révolutionnaires ». Pour la police, le leader du groupe est Rouslan Kostylenkov, un Moscovite âgé de 25 ans. Au cours d’un premier interrogatoire, le jeune homme aurait avoué que « l’objectif de l’organisation est de rétablir l’ordre sur le territoire de la Fédération de Russie, en faisant le procès des représentants de l’élite au pouvoir et en abolissant les lois répressives en vigueur, la Constitution, etc. » Opposants ou extrémistes ? Pour l’instruction, Nouvelle Grandeur serait l’émanation directe d’un groupuscule anarchiste d’extrême-gauche aujourd’hui interdit et démantelé, Artpodgotovka, fondé par l’opposant Viatcheslav Maltsev en 2013. Ce dernier, connu pour son nationalisme de gauche, avait créé la surprise en 2016, en se présentant aux législatives à la Douma au nom du parti de la Liberté populaire (Parnass), libéral-conservateur, soutenant traditionnellement les « valeurs occidentales ». Au départ, le terme Artpodgotovka (littéralement : « la salve d’artillerie avant l’assaut ») était le nom du blog animé par Maltsev sur YouTube. Mais dans la presse, la formule désigne peu à peu le groupe constitué autour de l’opposant. Situé à l’extrême-droite de l’échiquier politique au moment de sa création, Artpodgotovka évolue ensuite vers le libéralisme, puis vers l’anarchisme de gauche. Malgré ces voltes-faces idéologiques, l’organisation a toujours prôné la démocratie directe, teintée d’une forte dose de populisme (son programme prévoyait notamment la suppression des impôts et l’effacement de toutes les dettes de crédit). Dans son blog, Viatcheslav Maltsev appelle à faire la révolution pour renverser Vladimir Poutine ‒ un « grand soir » prévu pour le 5 novembre 2017. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Jean Colet - LCDR21 août 2018