Oleg Kravchenko : « Nous n’avons aucun intérêt à un conflit entre la Russie et l’Occident. »

À la faveur du conflit ukrainien, la Biélorussie s’est positionnée en tant qu’intermédiaire entre Kiev et les autorités séparatistes du Donbass. Signe d’une reconnaissance du rôle positif joué par le pays, une partie des sanctions de l’Union européenne (UE) dont celui-ci faisait l'objet ont été levées. Le Courrier de Russie a rencontré Oleg Kravchenko, vice-ministre des Affaires étrangères biélorusse, pour comprendre les ressorts et les objectifs de la politique étrangère mise en place par Minsk depuis 2014.Le Courrier de Russie : Comment qualifier les relations qu'entretient Minsk aujourd'hui avec les pays occidentaux ?Oleg Kravchenko : Les rapports avec l’Ouest ont été houleux dès notre indépendance, notamment après le référendum de 1996 déclaré illégitime par l’Union européenne [organisé le 24 novembre 1996, le référendum permit, entre autres, l’adoption d’une nouvelle constitution qui renforça le pouvoir exécutif, ndlr].Cela a créé une inertie dans les relations, encore perceptible aujourd’hui. C’est pourquoi il a été très important pour nous d’avoir été choisis pour accueillir les négociations sur le conflit dans l’Est de l’Ukraine [en février 2015, les chefs d'État et de gouvernement ukrainien, russe, français et allemand se retrouvent à Minsk pour signer l'accord du même nom, débouchant sur un cessez-le-feu entre l’armée ukrainienne et les séparatistes dans le Donbass, ndlr].C’était une marque de confiance importante. Depuis, nos relations se sont améliorées : certaines sanctions européennes sont maintenues, mais je crois que nos voisins de l’Ouest voient désormais dans la Biélorussie un partenaire fiable.Nous collaborons avec eux, y compris avec l’OTAN, à travers plusieurs programmes, pour le contrôle des frontières, par exemple, ou la lutte contre la criminalité et ses nombreux trafics. En 2011, nous avons facilité, via notre réseau ferroviaire, le transport de matériel militaire en direction de l’Afghanistan. Cette opération de l’OTAN avait été mandatée par l’ONU,

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Propos recueillis par Loïc Ramirez

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