Moscou-New Delhi, une vieille histoire d’armes

En marge de la visite de Vladimir Poutine en Inde, la semaine dernière, un vaste contrat d’armement a été signé entre Moscou et Delhi, concluant plusieurs années de négociations : l’Inde recevra cinq systèmes de défense anti-aérienne S-400. Une transaction de 5 milliards de dollars.

Le moment restera gravé dans les mémoires : le président russe Vladimir Poutine sort de sa luxueuse limousine noire et tombe dans les bras du Premier ministre indien, Narendra Modi. Une chaleureuse accolade qui n’est pas sans rappeler les relations d’amitié qu’entretenaient les dirigeants de l’URSS avec leurs homologues indiens, dans les années 1970. À l’époque, l’Inde, leader du mouvement des non-alignés, était dirigée par la charismatique Indira Gandhi. La Russie y construisait des usines ou bien participait à la mise sur pied de son industrie pharmaceutique. L’Inde, de son côté, vendait à l’URSS des médicaments, et confectionnait des jeans Milton et Avi pour les jeunes soviétiques, qui ne pouvaient pas se payer les Levi’s américains.

C’est de cette époque dorée que date le slogan « Hindi-Roussi bhaï bhaï » (Indiens et Russes sont frères). Proclamée par Nikita Khrouchtchev lors d’un meeting à Bangalore en 1955, la phrase est, depuis, régulièrement reprise dans la communication officielle des deux pays. Et si la grande amitié indo-soviétique appartient désormais au passé, on parle aujourd’hui, à Delhi, du « partenariat stratégique » avec la Russie.

« La vente des S-400 peut être considérée comme une tentative russe de devenir le premier fournisseur d’armes de l’Inde,

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Alexandre Braterski, Delhi-Moscou

Dernières nouvelles de la Russie

International

La diplomatie du S-400

Les experts s'accordent pour dire que Moscou est en situation de relative faiblesse en politique étrangère. Dans ces conditions, la vente d’armes perfectionnées, tels les S-400, devient pour elle un instrument diplomatique de poids.

26 juillet 2018
International

Russie/Pakistan: « Un rapprochement à pas comptés »

Si l’Inde a toujours été le partenaire historique privilégié de Moscou, le Kremlin semble de plus en plus intéressé au renforcement de ses relations avec Islamabad. Sergueï Kamenev, directeur du département Pakistan de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie, revient sur les relations russo-pakistanaises et le difficile équilibre qui se met en place entre Moscou, New Delhi et Islamabad. Le Courrier de Russie : Les relations entre la Russie et le Pakistan semblent connaître un nouvel essor… Sergueï Kamenev : Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été établies le 1er mai 1948, un an après l’indépendance du Pakistan. Elles fêteront donc cette année leur 70e anniversaire. Cependant, il faut attendre 1961 et l’exploration de champs gaziers et pétroliers pour qu’elles débutent réellement. Puis, dans les années 1970, quand Zulfikar Alî Bhutto [à la tête du Pakistan de 1971 à 1977, ndlr] commence à prendre des mesures se rapprochant du socialisme, l’URSS se lance dans la construction d’une grande aciérie, la plus grande de l’Asie du Sud à cette période. Après l’effondrement de l’URSS, les deux pays décident de maintenir leur coopération mais celle-ci reste au plus bas tout au long des années 1990. Il faudra attendre 2003 pour qu’un président pakistanais, Pervez Musharraf, se rende en visite officielle en Russie. Durant cette décennie, la coopération entre les deux pays reste faible – pour donner un exemple, les échanges commerciaux entre la Russie et le Pakistan s’élèvent à 83 millions de dollars, c’est-à-dire presque rien. À titre de comparaison, ceux entre le Pakistan et l’Inde, malgré l’antagonisme entre les deux pays, sont d’environ 2,3 milliards de dollars. Ce n’est qu’après la crise ukrainienne et l’instauration des sanctions contre la Russie que Moscou a décidé de se tourner vers l’Asie, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

23 janvier 2018