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Suzanne Massie : « Trump est un mystère »

Suzanne Massie était conseillère auprès du président américain Ronald Reagan durant la perestroïka. Maîtrisant parfaitement le russe, elle joua un rôle important dans la décision de la Maison-Blanche de prendre langue avec l’URSS. Auteur de plusieurs bestsellers sur la Russie, parmi lesquels Le pays de l’Oiseau de Feu : la beauté de la Vieille-Russie, Suzanne Massie livre au Courrier de Russie sa vision des relations russo-américaines contemporaines, à la lumière de ses souvenirs de l’époque de Reagan et Gorbatchev.

Suzanne Massie

LCDR : Les sanctions adoptées en août ont fait s’effondrer le cours du rouble russe par rapport au dollar et à l’euro. Les Russes s’inquiètent de voir les prix augmenter, en particulier ceux des produits importés. Le Congrès américain comprend-il que ses sanctions les frappent avant tout ?

Suzanne Massie : Il me semble que le problème est bien là : nos hommes politiques veulent que toute la Russie ressente le choc de leurs sanctions. C’est une politique stupide et à courte vue. Tout Washington sait parfaitement que les sanctions n’atteignent pas leur cible affichée, qu’elles font souffrir la population et épargnent les politiciens russes. Ma seule consolation est que les députés et sénateurs ne soutiennent pas tous ces mesures. Début avril, le sénateur Rand Paul était en visite à Moscou, où il a rencontré ses homologues russes. C’est un homme politique exceptionnel et haut en couleurs, qui se prononce ouvertement contre ces sanctions.

« Ce que veut Trump et ce qui lui passe par la tête,

[…]

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Propos recueillis par Dmitri Zlodorev, Washington

Dernières nouvelles de la Russie

Société

La diplomatie médicale
du docteur Novick

Le médecin américain William Novick réalise des opérations cardiaques complexes sur des enfants et des nouveau-nés à travers le monde. Grâce aux deux associations qu’il a créées, l’International Children’s Heart Foundation et la Cardiac Alliance, il a pu opérer en Libye, en Irak, en Iran ou encore dans Belgrade bombardée par l’aviation américaine, à la fin des années 1990. Depuis une dizaine d’années, ce spécialiste reconnu, fréquemment consulté par les instances de l’ONU, exerce aussi en Russie et en Ukraine.Le Courrier de Russie : Docteur Novick, vous revenez de Russie. Quelle était la raison de ce séjour ?Wlliam Novick : J’ai passé deux semaines à Voronej, où j’ai opéré onze enfants. Six d’entre eux avaient déjà subi une intervention pour une insuffisance cardiaque. Si, par le passé, j’étais le seul de la ville à réaliser ce genre d’opération, mes collègues russes commencent à prendre le relais. Cette fois, ce sont eux qui ont tout fait de A à Z, selon mes instructions.LCDR : Depuis combien d’années opérez-vous en Russie ? B.N. : Depuis presque dix ans. Je me suis rendu en Russie pour la première fois en 2009 dans le cadre d’un projet à Kemerovo, en Sibérie. À cette époque, notre équipe était déjà connue dans le monde entier. Le chirurgien russo-américain Yakov Elgoudine nous a contactés à la fin de 2007 pour que nous l’aidions à développer un service de cardiologie pédiatrique dans son hôpital. Je me suis empressé d’accepter sa proposition, d’autant plus que j’ai des racines russes.Il n’est jamais simple de récolter des fonds pour ce genre de déplacement : il nous a fallu près d’un an pour financer le voyage. Au total, nous nous sommes rendus onze fois à Kemerovo, et y avons opéré près de cent cinquante enfants, dont la plupart nécessitaient des interventions complexes. Je pense que nous avons réussi à poser d’excellentes bases : désormais, la cardiologie pédiatrique se développe là-bas, sans notre concours.Aujourd’hui, nous poursuivons un autre projet à Nijni-Novgorod, où nous coopérons avec l’unité de soins intensifs d’un hôpital local. Nous nous y sommes déjà rendus cinq fois.LCDR : Vous réalisez des opérations très complexes auxquelles ne se risqueraient pas tous les médecins, même les plus chevronnés. 90 % d’entre elles sont pourtant couronnées de succès. Comment expliquez-vous ce taux de réussite ?B.N. : Notre équipe internationale se compose de bénévoles et de spécialistes sélectionnés parmi les médecins que nous avons formés au cours de nombreuses années. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 janvier 2019
International

Edouard Lozanski : « L’affaire Boutina sert à chercher des traces de l’argent russe dans la campagne de Donald Trump »

Le 12 décembre dernier, Maria Boutina, ressortissante russe accusée d’espionnage aux États-Unis, reconnaissait avoir voulu porter atteinte aux intérêts des États-Unis. Aussitôt, le sénateur démocrate américain Robert Menendez exigeait que le FBI et la Commission électorale fédérale (FEC) enquêtent sur les fonds versés par la National Rifle Association (NRA), le lobby pro-armes, aux candidats de la dernière élection présidentielle et à ceux des scrutins de mi-mandat. Un lobby dont les dirigeants fréquentaient la jeune femme. Le politologue Edouard Lozanski commente cette démarche.Le Courrier de Russie: La demande de Robert Menendez est-elle liée à l’enquête en cours sur l’ingérence russe dans les élections américaines ? […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 janvier 2019
Culture

« Soljenitsyne regardait au loin »

En mai 1994, après vingt années d’exil, Alexandre Soljenitsyne rentre en Russie. Aux États-Unis, l’écrivain vivait à Cavendish, dans le Vermont, où il écoutait tous les jours les émissions du département russe de Voice of America. Recteur de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Washington, l’archiprêtre Victor Potapov a été, pendant près de trente ans, l’animateur de Religuia v Nacheï Jizni [la religion dans notre vie], l’une des émissions les plus populaires de Voice of America. C’est à ce titre qu’il a pu rencontrer Alexandre Soljenitsyne. Le Courrier de Russie : Comment avez-vous fait la connaissance d’Alexandre Soljenitsyne ? Victor Potapov : En 1978, j’ai préparé pour Noël un programme sur le sens et la structure de la liturgie orthodoxe de la Nativité. C’est à cette occasion qu’Alexandre Soljenitsyne a découvert l’émission. À l’époque, je n’étais qu’une « voix », je ne donnais pas mon nom. Soljenitsyne a contacté Voice of America pour faire part de son étonnement : « Pourquoi cet anonymat ? Qui anime cette émission ? » Et la direction du département russe a décidé que le nom du « Père Victor Potapov » résonnerait désormais à l’antenne. Un peu plus tard, j’ai préparé un programme sur « Léon Tolstoï et l’Église ». Un sujet très délicat et complexe, l’écrivain ayant été excommunié. J’ai tenté d’aborder honnêtement les relations entre l’écrivain et l’institution. Cette émission a, elle aussi, retenu l’attention d’Alexandre Soljenitsyne. LCDR : Mais Voice of America n’est pas diffusée sur le territoire américain, ses émissions sont à destination de l’étranger… Comment Soljenitsyne, qui se trouvait dans le Vermont, a-t-il pu vous écouter ? V.P. : Toute personne possédant un récepteur radio à ondes courtes un peu puissant y avait accès. Ceux qui n’ont pas connu cette période n’ont pas idée de ce que c’était. En Union soviétique, en particulier dans les grandes villes, on nous brouillait. Mais les gens rusaient : ils orientaient différemment leurs antennes, quittaient la ville, surtout le week-end, où tout le monde allait à la datcha – on « captait » mieux à la campagne. Voice of America m’a permis de me rapprocher de la famille Soljenitsyne, principalement de l’épouse de l’écrivain, Natalia Dmitrievna. Nous avons eu de longues discussions par téléphone. En 1979, je me suis rendu pour la première fois au domicile des Soljenitsyne, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

7 décembre 2018

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