Mort d’Alexandre Zakhartchenko : les séparatistes sans chef de guerre

Dix jours après l’attentat qui a coûté la vie au leader séparatiste du Donbass Alexandre Zakhartchenko, Donetsk semble toujours sous le choc.

Dans les rues de Donetsk, les passants ordinaires ont laissé place aux hommes en tenue de camouflage. La ville semble en état de siège. L’assassinat du chef de la république séparatiste est au cœur de toutes les conversations et suscite toutes les hypothèses, mais sous le manteau. La méfiance est de mise. Les habitants ne se confient pas à n’importe qui. Ils préfèrent éviter de parler aux journalistes, même locaux. « Les gens ont peur. Une parole inconsidérée, et tu te retrouves, vite fait, au fond d’une cave… Les miliciens ne cherchent plus à comprendre, aujourd’hui : tous les bavards sont soupçonnés de travailler pour Kiev », explique un confrère de Donetsk.

L’attentat du café Sépar

La bombe qui a pratiquement décapité Alexandre Zakhartchenko, le 31 août, pourrait, selon les premières conclusions, avoir été dissimulée dans un lustre, au plafond du café Sépar ( « Séparatiste », en argot local), situé boulevard Pouchkine. Le leader de la République populaire de Donetsk (DNR) participait, en compagnie de sa garde rapprochée, à un repas à la mémoire de Iossif Kobzon, chanteur soviétique culte, originaire du Donbass, décédé la veille. Il s’y pensait en sécurité.

Alexandre Zakhartchenko a été inhumé le même jour que Kobzon, lors d’une cérémonie qui a rassemblé près de 100 000 personnes. Il faut dire que les habitants de la république autoproclamée n’ont pas vraiment eu le choix : dans la petite ville voisine de Iassinovataïa, les fonctionnaires et les employés du secteur privé se sont vu octroyer un jour de congé pour « accompagner le Batia [ « le Père » : surnom de Zakhartchenko ] à sa dernière demeure ». À leur retour au travail, leurs employeurs – les directeurs d’école pour les parents et leurs enfants – ont exigé d’eux une « attestation de présence à l’enterrement », […]

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Anastasia Stanko, Donetsk