États-Unis / Russie, la grande bataille du gaz

La Russie et l’Allemagne ne renonceront pas à construire le gazoduc Nord Stream-2, en dépit de la menace de sanctions américaines contre les entreprises engagées dans ce projet. C’est la conclusion que l’on peut tirer de la rencontre, le 18 août, entre le président Vladimir Poutine et la chancelière Angela Merkel. La pose du gazoduc a déjà commencé, malgré les protestations de Washington, mais aussi celles de l’Ukraine et de la Pologne, pays par lesquels transite habituellement le gaz russe. Et si Bruxelles est opposée au projet, la plupart des dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, préfèrent garder le silence.

Vladimir Poutine et Angela Merkel se sont entretenus plusieurs heures durant, à huis clos, le samedi 18 août, au château de Meseberg, résidence officielle du gouvernement fédéral allemand pour les visites d’État, près de Berlin. Les deux chefs d’État avaient annoncé à la presse, avant le début de l’entretien, qu’ils aborderaient notamment la question du gazoduc Nord Stream-2.

Deux jours plus tard, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, commentait certains détails de ces entretiens pour les agences de presse russes, affirmant que « Poutine et Merkel s’oppos[ai]ent d’une même voix à toute politisation » du projet Nord Stream-2.

Il ajoutait que les dirigeants estimaient tous deux que les travaux devaient être menés à leur terme, et qu’il fallait « prendre des mesures pour protéger [le projet] contre de possibles attaques anticoncurrentielles et illégales de la part de pays tiers ».

Quelques heures avant cette annonce, le Wall Street Journal indiquait que Washington pourrait, dans les semaines à venir, prendre des sanctions contre les entreprises engagées dans le chantier Nord Stream-2 et les banques contribuant à son financement.

Un peu plus tôt, le président américain avait fermement critiqué la participation de l’Allemagne à ce projet. Sur Twitter, il avait fustigé « les dollars de pipeline » arrivant en Russie, allusion aux revenus que Moscou tire de ses exportations de gaz. Donald Trump réitère, au fond, des critiques déjà formulées lors du dernier sommet de l’OTAN, à Bruxelles : alors que les États-Unis garantissent la sécurité des pays européens, dont l’Allemagne, Berlin verse à Moscou « des milliards de dollars » dans le cadre de projets énergétiques conjoints. Un constat inadmissible aux yeux du dirigeant américain.

Début des travaux sous haute tension politique

Nord Stream-2 doit relier la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique, […]

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Piotr Orekhine

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Les Russes contre la réforme des retraites

La Douma d’État de la Fédération de Russie a adopté en première lecture le projet de loi sur le relèvement de l’âge de la retraite à 63 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Le gouvernement promet que cette mesure permettra d’augmenter les pensions à un taux plus élevé que celui de l’inflation. Il affirme en outre élaborer un programme spécial d’aide à l’emploi pour les personnes âgées. Néanmoins, le président Vladimir Poutine a déjà annoncé que le report de l’âge de départ à la retraite ne lui plaisait pas, comme à la majorité de la population. La décision définitive n’a pas encore été prise, a-t-il souligné. « La réforme des retraites vole les travailleurs », « Le relèvement de l’âge de la retraite mène tout droit au cimetière », « Cassez la tirelire des oligarques plutôt que celle des retraités » ‒ tels étaient les slogans brandis par les citoyens venus manifester devant la Douma d’État le 19 juillet, jour du vote du projet de loi sur la réforme des retraites. Sergueï Oudaltsov, coordinateur du mouvement Front de gauche, portait quant à lui une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Le relèvement de l’âge de la retraite est un génocide ». D’autres manifestations contre le projet de loi ont été organisées par Alexeï Navalny, des syndicats, des organisations civiles et politiques. Elles n’ont toutefois pas encore un caractère massif, le nombre de participants allant de plusieurs centaines à quelques milliers de personnes. « N’adoptez pas ces lois, vos enfants et vos petits-enfants ne vous le pardonneront pas. » Il faut cependant souligner que même si les Russes ne descendent pas forcément dans la rue, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

23 juillet 2018
Politique

Le Kremlin à l’épreuve de la réforme des retraites

Le gouvernement russe propose de relever l’âge de départ à la retraite. La société s’y oppose fermement. Faut-il s’attendre à un mouvement social de grande ampleur ? Pour la première fois depuis longtemps, le gouvernement russe prend le risque de lancer une réforme impopulaire : le relèvement progressif de l’âge de la retraite, censé passer de 55 à 63 ans pour les femmes d’ici à 2034, et de 60 à 65 ans pour les hommes d’ici à 2028. Or, à en croire les sondages, plus de 90 % des Russes y sont opposés. De plus en plus de retraités… L’âge actuel de départ à la retraite en Russie a été fixé en 1932, et n’a pas bougé depuis. Le projet de loi soumis à la Douma d’État, la Chambre basse du parlement, par le Premier ministre Dmitri Medvedev, prévoit de le relever d’une année tous les deux ans. Cette mesure permettra d’augmenter les pensions de retraite, affirme le Premier ministre. En effet, le décret présidentiel établissant les priorités de ce nouveau mandat, publié au lendemain de l’investiture de Vladimir Poutine, le 7 mai dernier, promet une hausse des retraites indexée sur les taux annuels d’inflation (fixée par la Banque centrale russe à 2,4 % en avril 2018). « Chaque année, la population active se réduit d’environ 400 000 personnes, alors qu’1,5 million de Russes prennent leur retraite » L’évolution démographique de la Russie entraîne, dans le pays, un manque de jeunes actifs de plus en plus préoccupant, tandis que le nombre des retraités ne cesse d’augmenter, explique le gouvernement. Cet écart se creuse d’année en année, alourdissant constamment la charge qui pèse sur la population active. Aujourd’hui, la Russie compte 1,7 actif pour un retraité. Sachant que, chaque année, la population active se réduit d’environ 400 000 personnes, alors qu’1,5 million de Russes prennent leur retraite, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 juin 2018
Politique

Nouveau gouvernement russe : l’équation impossible entre modernité et fidélités

Depuis le 18 mai, la Russie a un nouveau gouvernement. Tous les ministres clés de l’équipe précédente y conservent leurs postes. Manifestement, Vladimir Poutine n’a pas l’intention de lancer le pays dans de grands bouleversements, tant sur le plan intérieur que sur celui de la politique étrangère. L’événement fondateur du quatrième mandat de Vladimir Poutine s’est déroulé le 1er mars dernier ‒ deux semaines avant sa réélection triomphale, le 18, avec plus de 76% des voix ‒ lors de l’adresse annuelle du président devant le parlement russe. Le texte de ce discours se trouve toujours en tête du site officiel du Kremlin. Le président y expose sa vision des grandes priorités nationales pour les six prochaines années. Pour ne citer que les principales, elles concernent la lutte contre la pauvreté, l’allongement de l’espérance de vie de la population, l’accélération des rythmes de croissance économique et le lancement de grands projets d’infrastructures et de rénovation urbaine. Garder les plus précieux Au-delà des ces grandes directions, la composition de la nouvelle équipe, approuvée vendredi dernier par Vladimir Poutine, montre que ce dernier entend surtout maintenir le cap. Dmitri Medvedev demeure Premier ministre et les ministres les plus importants conservent eux aussi leurs portefeuilles, notamment Sergueï Lavrov aux Affaires étrangères et Sergueï Choïgou à la Défense. Anton Silouanov, ancien ministre des Finances, est promu premier vice-président du gouvernement en charge de l’économie et des Finances. Son principal mérite : avoir mené jusqu’à présent une politique de consolidation budgétaire constante et durable. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

24 mai 2018
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