Viktor Vekselberg. Crédits : Kommersant

Avis de tempête en oligarchie : Viktor Vekselberg pris dans la nasse des sanctions

2018 n’est décidément pas une bonne année pour Viktor Vekselberg, PDG de la holding Renova et neuvième fortune russe. Le sort semble s’acharner contre l’oligarque : en avril dernier, Vekselberg s’est retrouvé inscrit sur la liste noire établie par le Trésor américain, soupçonné d’ingérence dans l’élection présidentielle. Peu de temps après, ses comptes en Suisse étaient bloqués.

L’ascension de Viktor Vekselberg est une success story typique des hommes qui se sont lancés dans les affaires à la veille de l’effondrement de l’URSS. Originaire de la petite ville de Drogobytch, dans l’ouest de l’Ukraine, Vekselberg monte à « la capitale » au milieu des années 1970. Après avoir raté le concours d’entrée à l’Université de Moscou, il intègre l’Institut moscovite des chemins de fer, dont il sort diplômé. Il entame une carrière d’ingénieur – un classique pour les rejetons de l’intelligentsia soviétique – en rejoignant le bureau d’études Konnass, qui conçoit des pompes destinées à l’extraction du pétrole.

La ruée vers l’or noir

Dans les années 1980, chargé de livrer ces équipements, Vekselberg, fait la tournée des gisements pétroliers d’Union soviétique. Il se lance dans le business alors que l’URSS commence à vaciller et que travailler pour l’État n’est décidément plus rentable. Le jeune ingénieur s’essaie à la création de logiciels informatiques pour les entreprises. Mais, prenant rapidement conscience que cette activité ne lui apportera pas non plus la fortune, il revient à ses anciennes amours : les gisements pétroliers, une perspective autrement prometteuse.

Première étape vers l’oligarchie : la récupération. Les pompes conçues à l’époque étaient plongées dans les puits de pétrole à deux kilomètres de profondeur, à l’aide de câbles de cuivre déployés depuis la surface, qui s’usaient rapidement. « Des montagnes de câbles usagés s’accumulaient », […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

International

Pont de Crimée : l’UE étend ses sanctions à six entreprises russes

L’Union européenne a pris la décision d’étendre sa liste de sanctions à six nouvelles entreprises russes ayant participé à la construction du pont de Crimée.

31 juillet 2018
Économie

Oleg Deripaska : fin de partie pour le « roi de l’aluminium » ?

Le milliardaire Oleg Deripaska, dont l’entreprise Rusal est le premier producteur d’aluminium au monde, est le grand perdant des dernières sanctions américaines contre la Russie. En incluant l’oligarque dans sa liste noire, le département du Trésor des États-Unis a, semble-t-il, asséné un coup fatal à son empire. Coupée du précieux marché américain (qui représente 20 % des ventes de Rusal), l’entreprise a vu ses actions dégringoler, et l’homme d’affaires a perdu 1,4 milliard de dollars en une journée, le 9 avril. L’ « âge d’or » du « roi de l’aluminium » est révolu, estiment de nombreux analystes. Mais est-ce vraiment le cas ? « Ma présence sur la liste noire des États-Unis est non fondée et absurde. Dimanche, j’ai bien l’intention de fêter Pâques. J’analyserai la situation avec nos avocats en début de semaine prochaine », a annoncé M. Deripaska vendredi 6 avril, immédiatement après avoir appris qu’il faisait partie des 24 Russes contre lesquels les États-Unis ont introduit des sanctions. Le Trésor américain justifie sa décision de punir l’oligarque au regard des liens étroits qu’il entretient avec les dirigeants russes. Il évoque l’enquête dont fait actuellement l’objet le milliardaire, soupçonné de liens avec des groupes criminels russes, de blanchiment d’argent, de racket, de menaces de mort contre des concurrents et d’écoute illégale. Le communiqué du Trésor fait également référence à : « des allégations selon lesquelles M. Deripaska aurait soudoyé un fonctionnaire du gouvernement (américain, ndlr) et ordonné le meurtre d’un homme d’affaires. » Le marché américain est désormais fermé au « roi de l’aluminium » Outre Oleg Deripaska lui-même, ses sociétés sont également soumises à des restrictions, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 avril 2018
Politique

Sanctions : l’économie russe dos au mur

Les États-Unis ont décidé la mise en place d’un nouveau train de sanctions contre la Russie. Finie l’époque où Moscou réagissait à leur annonce avec insouciance et orgueil. Celles adoptées le 6 avril contre des oligarques étroitement liés au Kremlin ont été une douche froide pour le monde politique et les milieux d’affaires russes : pour la première fois, leur effet a été destructeur. Combien de temps celui-ci persistera-t-il et quel peut être l’impact de sanctions de plus en plus lourdes sur la politique et le monde des affaires ? La Russie vit sous le coup des sanctions occidentales depuis près de quatre ans. L’establishment politique et le monde des affaires russes s’y sont tant bien que mal accoutumés – après tout, ils ont connu pire. La vie serait, bien entendu, plus agréable sans les sanctions mais elles ont également permis à la Russie de trouver des substituts aux importations et de développer son secteur agro-industriel… Certes, emprunter de l’argent est devenu plus difficile, notamment sur les marchés étrangers, et nécessite une longue réflexion en amont – ne vaudrait-il pas mieux aujourd’hui, pour sa tranquillité d’esprit, placer son argent dans une banque russe plutôt que dans une banque occidentale? – mais, à cela aussi, on finit par s’habituer. Le 9 avril a été un « lundi noir » pour le marché boursier russe. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 avril 2018