Crédits : kremlin.ru

Syrie : Moscou s’interpose entre Téhéran et Tel-Aviv

Moscou s’inquiète de la tension croissante entre Israël et l’Iran, allié du régime de Bachar el-Assad. L'État hébreu a durci sa position, exigeant désormais « le retrait total des forces iraniennes du territoire syrien ». De son côté, Damas n’a pas l’intention de renoncer à ce soutien dans son combat contre les groupes d’opposition sunnites, massés dans le sud et le sud-est du pays, près des frontières jordanienne et israélienne. De source diplomatique russe, seule l’autorité personnelle de Vladimir Poutine, en contact permanent avec toutes les parties, permet encore d’éviter que la situation ne dégénère en conflit armé. D'autres sources russes indiquent que Moscou aurait décidé de prendre le contrôle militaire des régions syriennes frontalières du Liban.Si la Coupe du monde de football occupe le devant de la scène depuis un mois, elle n’a pas empêché Moscou de poursuivre et d’intensifier ses efforts en matière de médiation sur la question syrienne. Le 11 juillet, Vladimir Poutine a reçu le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, en visite privée en Russie pour assister au match Angleterre-Croatie. Le 12 juillet, le président russe recevait dans sa résidence de Novo-Ogariovo un haut responsable iranien : le conseiller du Guide de la Révolution pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, porteur d’un message d’Ali Khamenei.Benyamin Netanyahou s’est plaint, auprès de Vladimir Poutine, d’une nouvelle violation des frontières de l’Etat hébreu par un drone iranien, abattu par l’armée israélienne et qui, selon le Premier ministre, avait décollé du territoire syrien. Plus généralement, selon les sources diplomatiques russes, le chef du gouvernement israélien – indiquant une nouvelle fois au président russe qu’Israël ne tolérerait aucun élargissement de la présence iranienne en Syrie - lui a demandé de faire entendre raison à Téhéran.

Des forces gouvernementales syriennes épuisées

Le dirigeant israélien aurait également demandé à Vladimir Poutine d’intervenir auprès de Bachar el-Assad afin qu'il renonce à reconquérir le sud de la Syrie. Le leader syrien ne peut se passer du soutien de l’Iran pour y parvenir : épuisées par les opérations menées dans le centre et l’est du pays ‒ les provinces d’Idleb, Alep, Ghouta, Deir-ez-Zor et Palmyre ‒, les forces gouvernementales dépendent du détachement chiite iranien du Corps des Gardiens de la révolution islamique (GRI).Selon Damas, les États-Unis et leurs alliés aménagent actuellement, dans la localité d’al-Tanf, une base de secours pour l’opposition syrienne armée, structurée par des groupes islamistes radicaux, tels Daech et le Jaych-al-Islam.

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Boris Iounanov et Elsa Régnier

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