Sommet de l’OTAN : La sécurité, une marchandise américaine

Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Bruxelles les 11 et 12 juillet derniers peut tout à fait être qualifié d’historique. Mais pas du point de vue des décisions qui y ont été prises. Depuis la création de l’OTAN, jamais les tensions entre le dirigeant des États-Unis, pays clef de l’Alliance, et les États membres, qui, d’après lui, ne remplissent pas leurs engagements financiers auprès de l’organisation, n’ont été aussi fortes. Donald Trump ne s’est pas gêné pour exprimer le fond de sa pensée. Arrivé de manière inattendue à la tête de la plus grande puissance du monde et encore incapable de séparer la politique des affaires, l’entrepreneur milliardaire a humilié en public les dirigeants de l’OTAN. En comparaison, les critiques virulentes à l’égard de la Russie contenues dans la Déclaration finale du sommet semblent insignifiantes.

Les journalistes qui ont assisté, le 12 juillet, à la conférence de presse de Jens Stoltenberg, ont vu à quel point le sommet avait été éprouvant pour le secrétaire général de l’OTAN. À toutes les questions concernant les relations entre les États-Unis et leurs alliés d’Europe occidentale, le secrétaire général, épuisé, a répété comme un mantra qu’il était naturel que les membres de l’organisation aient des positions différentes. L’essentiel était d’arriver à un consensus, ce qui finit toujours par se produire.

La preuve du consensus dont parle M. Stoltenberg est la déclaration finale du sommet, que l’Alliance a, contrairement à la tradition, rendue publique dès le premier jour de la rencontre. Après avoir adopté le document final, les dirigeants des vingt-neuf États membres se sont réunis le lendemain en session extraordinaire. Lors de sa conférence de presse, M. Stoltenberg n’a pas pu expliquer l’utilité de cette session. En effet, les décisions les plus importantes semblaient avoir déjà été prises. Le secrétaire général a seulement précisé que « de nouvelles discussions encore plus approfondies sur le besoin pour les pays de l’Alliance d’augmenter leurs dépenses militaires » étaient nécessaires.

Une victoire américaine

Le président américain Donald Trump, qui, bien entendu, était l’initiateur de cette session extraordinaire, débordait, pour sa part, d’énergie et d’optimisme lors de sa conférence de presse. […]

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Alexandre Golts, correspondant défense

Dernières nouvelles de la Russie

International

Minsk-Varsovie : Partie d’échecs en Europe orientale

La frontière qui sépare la Pologne de la Biélorussie pourrait bientôt devenir l’épicentre d’une nouvelle confrontation entre blocs militaires en Europe. Depuis que la Pologne a annoncé son projet de déployer à ses frais une division blindée américaine sur son territoire, Moscou a relancé des discussions sur la création d’une base aérienne russe en Biélorussie. Varsovie attend une réponse de Washington concernant son offre, faite au printemps, d’accueillir une division blindée américaine sur son territoire, près de la frontière biélorusse. La Pologne promet de débloquer entre 1,5 et 2 milliards de dollars pour la création des infrastructures de la base militaire, qu’elle propose de baptiser « Fort Trump » en l’honneur du président américain. Pour l’état-major polonais cette somme devrait suffire à construire un polygone d’entraînement, des entrepôts, des hangars, des immeubles d’habitation, ainsi que des magasins et des salles de sport à l’intention des soldats. Si les États-unis réservent encore leur réponse, les réactions n’ont pas tardé en Biélorussie. « Si les politiques polonais dépensent des milliards de dollars pour déployer sur leur sol des équipements militaires et des bataillons américains, il va de soi que nous réagirons », a souligné Alexandre Loukachenko lors d’une assemblée restreinte de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est tenue le 31 octobre dernier, à Minsk. Et le président biélorusse d’ajouter que la réaction de la Biélorussie et de son principal allié, la Russie, serait « appropriée ». Quelques jours plus tard, Alexandre Loukachenko a toutefois revu sa position. Au cours d’une discussion avec des analystes américains, il a ainsi déclaré : « Actuellement, je ne vois pas la nécessité de faire venir un autre État, y compris la Russie, sur le territoire biélorusse en vue d’assurer sa défense. Pour cette raison, nous nous opposons fermement à la construction d’une base aérienne. Si nécessaire, entre trois et cinq minutes suffisent à un avion russe pour atteindre la frontière biélorusse. Pourquoi, dès lors, construire une base ici, à découvert, au risque d’offrir une cible à un éventuel agresseur ? » Valse-hésitation biélorusse Depuis l’effondrement de l’URSS, en 1991, la Russie maintient deux sites militaires en Biélorussie : l’un est un centre de télécommunication de la marine, l’autre accueille des radars d’alerte précoce. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : RIAN15 novembre 2018
International

La course aux armements relancée

Donald Trump a annoncé, samedi 20 octobre, que les États-Unis allaient se retirer du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI), conclu avec la Russie en 1987. Il accuse Moscou de ne « pas respecter le traité » et annonce que son pays va, de nouveau, « développer ces armes ». Washington accuse Moscou de violer cet accord (qui oblige les deux pays à détruire tous les missiles balistiques et de croisière lancés depuis le sol et dont la portée se situe entre 500 et 5 500 km) depuis 2014. Les tensions entre les deux grandes puissances se sont exacerbées aussitôt après le début de la crise ukrainienne et la mise en place de la politique américaine de sanctions contre la Russie. Longtemps, les États-Unis n’ont pas révélé publiquement quel type de missile russe était visé par leurs accusations, ce qui affaiblissait leur position. Cette année, les Américains ont toutefois précisé qu’il s’agissait du missile terrestre Novator 9M729 de portée intermédiaire ‒ une variante terrestre des missiles de croisière Kalibr, utilisés avec succès en Syrie depuis des sous-marins et des navires de surface russes. Début octobre, Kay Bailey Hutchison, ambassadrice des États-Unis auprès de l’OTAN, avait annoncé que Washington ferait tout pour « éliminer » les missiles russes violant le traité FNI. Les médias russes avaient interprété ses propos comme une menace de frappe préventive contre les forces nucléaires russes, tandis que le ministère russe des Affaires étrangères critiquait sévèrement cette déclaration. Mme Hutchison a immédiatement réagi en précisant que les États-Unis « n’étudi[ai]ent pas la possibilité d’effectuer une frappe », qu’ils voulaient surtout « exercer une pression sur la Russie afin de la contraindre à appliquer le traité ». Quelques jours plus tard, Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, s’est également exprimé à ce sujet. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Sergei Fadeichev / TASS22 octobre 2018
International

Syrie : Les zones d’ombre qui entourent la destruction de l’Il-20

Dans la nuit du 18 septembre 2018, la défense antiaérienne syrienne abattait par erreur –avec un missile S-200 fourni par la Russie ! – un Iliouchine Il-20 des forces aériennes russes. L’avion de reconnaissance et de collecte de renseignements d’origine électromagnétique avait commencé à effectuer sa descente vers la base de Hmeimim, située dans la province de Lattaquié (nord-ouest de la Syrie). Lorsque le missile a atteint l’appareil, celui-ci volait au-dessus de la Méditerranée, à seulement trente-cinq kilomètres des côtes. Aucun des quinze soldats russes qui se trouvaient à son bord n’a survécu. Dix heures après la disparition de l’appareil et de ses quinze membres d’équipage, le ministère russe de la Défense ne donne toujours aucune explication de l’incident. Il se contente de publier des communiqués qui relèvent la concomitance d’opérations militaires dans la zone où l’Iliouchine Il-20 a disparu : des frappes israéliennes sur des sites militaires syriens à Lattaquié et des tirs de missiles effectué par la frégate française Auvergne, qui croise non loin du lieu de l’accident. L’allusion est claire : les F-16 israéliens et la frégate française pourraient être impliqués dans la destruction de l’avion russe. Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général-major Igor Konachenkov, les tirs de missiles français n’ont fait qu’aggraver une situation déjà difficile dans le secteur. Presque aussitôt, la ministre française de la Défense, Florence Parly, dément avec fermeté toute implication de la France. Quelques heures plus tard, Israël conteste à son tour toute responsabilité dans l’incident. Accusations et démentis En réalité, il est probable que l’état-major connaissait la raison de la perte de l’appareil au moment de sa disparition. Le système de surveillance de la base de Hmeimim n’était pas seulement en contact permanent avec l’avion en approche, il contrôlait également toute la zone aérienne traversée durant la phase d’atterrissage. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

26 septembre 2018