Le Courrier de Russie

Pont de Crimée : l’UE étend ses sanctions à six entreprises russes

L’Union européenne (UE) a pris la décision d’étendre sa liste de sanctions à six nouvelles entreprises russes ayant participé à la construction du pont de Crimée, indique le journal officiel du Conseil de l’UE.

Ces sanctions, qui limitent l’accès des entités visées au marché européen, s’appliquent désormais aux entreprises Zaliv (chantiers navals), Institut Guiprostroïmost Saint-Pétersbourg (projet du pont), Stroïgazmontaj, Stroïgazmontaj-Most, Mostotrest (principaux constructeurs) et VAD (autoroutes). « La construction du pont et son inauguration sont des étapes-clefs dans le renforcement du contrôle russe sur la Crimée et Sébastopol, annexées illégalement, ainsi que dans l’isolement à venir de la péninsule vis-à-vis de l’Ukraine », explique l’UE pour justifier sa décision.

« Notre mission était de construire cet édifice. Nous avons déjà fait le pont automobile que l’on peut traverser. Désormais nos gars construisent le pont ferroviaire. Nous sommes tous fiers de notre travail et si cela ne plaît pas à quelqu’un, ce n’est pas notre problème », a commenté l’oligarque Arkadi Rotenberg, propriétaire de Stroïgazmontaj et Mostotrest, lui-même sanctionné par l’UE depuis 2014.

Pour la diplomatie russe, ces nouvelles mesures témoignent de la volonté des Européens de nuire aux habitants de la péninsule. Inauguré le 15 mai dernier, le pont automobile du détroit de Kertch aura coûté 227,9 milliards de roubles, soit plus de trois milliards d’euros. Le pont de Crimée est aujourd’hui l’un des plus grands ponts du pays avec près de 19 kilomètres de longueur. Sa traversée sera autorisée pour les poids lourds à compter de novembre 2018 tandis qu’une voie de chemin de fer devrait être ouverte en 2019. Le centre d’information du pont de Crimée a assuré que ces nouvelles sanctions « n’auront aucune influence sur l’achèvement de la construction du pont ».