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Maria Boutina : jeune ambitieuse ou espionne du Kremlin ?

Le scandale entourant Maria Boutina, une jeune femme de 29 ans, assistante d’un haut fonctionnaire russe, prend de l’ampleur aux États-Unis. Maria Boutina a été arrêtée le 15 juillet dernier à Washington sous les chefs d’accusation de conspiration, espionnage et promotion illégale des intérêts russes aux États-Unis (« Activité en tant qu’agent étranger non enregistré ») et risque quinze ans de prison. Le Courrier de Russie a décrypté pour vous les tenants et les aboutissants de cette intrigue.

Moscou a réagi, sans attendre, à l’arrestation de Maria Boutina : niant en bloc toutes les accusations contre sa ressortissante. L’ambassade de Russie aux États-Unis a demandé des explications aux autorités américaines et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exigé sa libération le 21 juillet, au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue américain Mike Pompeo.

Au premier abord, les activités de la jeune femme aux États-Unis n’ont pas grand-chose à voir avec de l’espionnage. « Peut-être devrions-nous nous intéresser aux agents américains en Russie ? Avec des critères de ce genre, nous en trouverons des centaines », menace sur Twitter Dmitri Polianski, adjoint de l’ambassadeur de Russie aux Nations unies. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a quant à elle lié cette affaire au sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui s’est tenu le 16 juillet dernier : « Au lieu de faire son travail en luttant contre la criminalité, le FBI exécute manifestement un ordre politique. »

Pour Robert Driscoll, avocat de Maria Boutina, les charges contre sa cliente sont « fragiles ». Selon lui, les autorités américaines n’ont aucune raison sérieuse de la soupçonner d’espionnage. « Elle n’a rien fait qui puisse relever d’une telle activité », assure-t-il.

Une nouvelle Anna Chapman

Maria Boutina a commencé à attirer l’attention avant même son arrestation. La jeune russe faisait beaucoup parler d’elle à Washington, pour son activisme débordant et sa beauté provocatrice : il ne se passait pas un événement en sa présence sans qu’on ne la voie flirter avec les invités les plus prestigieux. Elle avait ses entrées dans les milieux conservateurs, entretenait des contacts au sein du puissant lobby pro-armes de la National Rifle Association (NRA), ainsi que dans l’entourage de Donald Trump et de plusieurs sénateurs américains. Elle s’intéressait également aux grands électeurs républicains – qui désignent le nouveau locataire de la Maison-Blanche dans le cadre du collège électoral, formé à l’issue du scrutin présidentiel ‒ et travaillait à la constitution d’un réseau devant réunir les membres républicains de la NRA et des groupes religieux tels que le National Prayer Breakfast (un événement annuel attirant les élites politiques, […]

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Eugene Bai

Dernières nouvelles de la Russie

International

Libye,
nouveau théâtre d’affrontement russo-américain

Le monde voit se multiplier les crises régionales qui dégénèrent en situations de confrontation politico-militaire directe entre la Russie et les États-Unis : hier en Syrie, où l’intervention russe a finalement permis le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad, allié de Moscou et ennemi de Washington ; aujourd’hui au Venezuela, où les Russes soutiennent le président élu, Nicolas Maduro, contre son « successeur par intérim » autoproclamé, Juan Guaido, appuyé par les Américains. Et demain, en Libye, région stratégique clé du continent africain, qui pourrait bien être le théâtre d’un nouveau bras-de-fer entre les deux superpuissances.Depuis le renversement et l’exécution sommaire du « Guide de la révolution » et leader inamovible Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est profondément instable. Aucun pouvoir  n’exerce son autorité sur l’ensemble du territoire, divisé en deux. Tripoli est le siège du « Gouvernement d’union nationale » du Premier ministre Fayez el-Sarraj, formé en 2016 sous l’égide de l’ONU. La Libye orientale – y compris le rivage du golfe de Syrte, où sont situés les principaux ports dédiés à l’exportation de pétrole – est aux mains du chef autoproclamé de l’ « Armée nationale libyenne », le maréchal Khalifa Haftar, âgé de 75 ans, ancien compagnon d’armes de Kadhafi. La région abrite également le parlement libyen, la « Chambre des représentants », élue en 2014 et loyale, pour sa part, au « gouvernement provisoire ».Un plan libyen du Kremlin ?Le 4 avril dernier, Khalifa Haftar tente de prendre d’assaut la capitale, Tripoli, justifiant cette offensive par la nécessité d’ « anéantir les groupes terroristes islamistes », ancrées dans l’Ouest du pays. Il espère le soutien de la population, selon lui « lassée du chaos », ainsi que le ralliement des groupes armés locaux et d’une partie des membres du gouvernement. Mais l’opération est un échec. En réalité, les combattants des milices, bataillons et autres divisions formés en 2011, lors de la révolte contre Kadhafi, et revenus pour la plupart depuis plusieurs années à la vie civile, se mobilisent en masse autour du gouvernement el-Sarraj. Les troupes d’Haftar sont repoussées, et la contre-offensive permet même aux forces pro-gouvernementales de reprendre le contrôle de plusieurs sites stratégiques.Immeuble détruit dans le district d’Abu Salim à Tripoli à la suite de bombardements des forces pro-Haftar début avril. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 avril 2019
International

Venezuela :
Moscou dresse l’inventaire

Le ton monte entre Moscou et Washington sur le dossier vénézuélien. L’arrivée de militaires russes à Caracas, à la fin de mars, a provoqué la fureur du président américain Donald Trump, qui a sommé les Russes de « quitter le pays ».Le 24 mars, deux avions de l’armée russe – un An-124 et un Il-62 – atterrissent à l’aéroport international Maiquetía de Caracas, en provenance de la base aérienne de Hmeimim, en Syrie. À leur bord, selon le journaliste vénézuélien Javier Mayorca, quatre-vingt-dix-neuf soldats russes, sous le commandement du général-colonel Vassili Tonkochkourov, vice-chef d’état-major de l’armée de terre.Arrivée des soldats russes à Caracas, le 24 mars 2019, crédit Twitter.Moscou ne dément pas l’information. Selon un diplomate russe en poste à Caracas, « ces soldats viennent partager leur savoir-faire avec leurs homologues vénézuéliens, dans le cadre de la coopération militaire et technique bilatérale ». Ce déploiement « n’a rien de mystérieux : il est lié à l’application d’accords signés entre les deux pays il y a plusieurs années », poursuit le diplomate. Selon des sources vénézuéliennes officielles, citées par l’agence Associated Press, ce contingent est chargé d’une mission « d’entretien des équipements de conception russe et de formation des militaires vénézuéliens à leur utilisation ».Pourtant, des versions bien différentes circulent, dès le 25 mars, dans la presse russe indépendante et sur les réseaux sociaux : pour les uns, Moscou s’apprêterait à soutenir militairement le président Maduro – ou à l’évacuer ; pour les autres, la Russie chercherait à protéger son ambassade au cas où la situation se détériorerait. Il s’agirait, par exemple, de mettre l’ambassadeur russe à l’abri d’éventuelles provocations.Moscou a fourni à Caracas des systèmes de défense antiaérienne S-300, mais les militaires vénézuéliens sont incapables de s’en servir sans l’aide de spécialistes russes…En outre, le 27 mars, des représentants du gouvernement américain, cités par l’agence Reuters, affirment que le contingent russe compte « des spécialistes des cyberattaques », chargés d’aider l’armée du président Maduro à espionner les opposants et à protéger ses infrastructures informatiques.Toutefois, cette théorie des « cyberespions russes » ne résiste pas à l’analyse. En effet, le gouvernement vénézuélien s’appuie depuis une quinzaine d’années sur des agents des services secrets cubains, tout aussi compétents que leurs homologues russes, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

2 avril 2019
International

Le Kremlin prépare l’après-Maduro

Tandis que le président Nicolás Maduro apparaît de plus en plus isolé sur la scène internationale, la Russie se pose des questions sur la stratégie à adopter au Venezuela, un pays où elle compte d’importants actifs financiers et industriels.Le 10 février 2019, l’agence Reuters a annoncé que la société pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) allait transférer tous les comptes de ses coentreprises, visées par les lourdes sanctions américaines, vers la banque russe Gazprombank. Cette dernière, présente à Caracas depuis plus de dix ans, s’est empressée de démentir l’information. Cela n’a rien d’étonnant : la banque russe, elle-même sanctionnée depuis le début de la crise ukrainienne en 2014, veut à tout prix éviter de se retrouver au cœur d’un scandale international. Toutefois, les déclarations publiques de la banque ne signifient pas que l’opération ne s’est pas effectuée. Ces trois dernières années, les investissements russes dans le secteur pétrolier vénézuélien s’élèvent à 6,5 milliards de dollars, tandis que la dette globale de PDVSA auprès du pétrolier Rosneft atteint 2,3 milliards de dollars. De toute évidence, Juan Guaidó, le président de l’Assemblée nationale – qui s’est autoproclamé président de la République par intérim le 23 janvier –, n’a pas complètement tort d’affirmer que la Russie est plus préoccupée par le sort de ses investissements que par celui du président Maduro.Selon l’opposition, quatre-vingt-dix pourcents des soldats seraient prêts à reconnaître Juan Guaidó. Bien que ce chiffre soit probablement très exagéré, Maduro ne peut plus compter sur l’armée pour réprimer les manifestations.Les doutes du KremlinLe 6 février, l’agence Bloomberg a publié un article repris par tous les grands médias russes, dans lequel deux sources proches du Kremlin affirment que Moscou commence à douter sérieusement de la stabilité du gouvernement de Maduro et de sa capacité à gérer la crise politique à laquelle il est confronté. En outre, on s’inquiète, en haut lieu, de voir Caracas épuiser le soutien financier russe sans parvenir à redresser la situation économique catastrophique du pays. « Le temps joue contre Maduro », a récemment commenté Vladimir Djabarov, membre du comité des affaires internationales du Sénat russe, cité par Bloomberg. Selon lui, une aggravation de la situation pourrait retourner définitivement la société vénézuélienne contre son président. Or Moscou ne voit plus comment sortir Maduro du gouffre financier abyssal dans lequel il se trouve.Les hauts responsables russes ne cachent plus leur perplexité depuis la fin de janvier. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 février 2019

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