La diplomatie du S-400

« Il faut jouer avec les cartes que nous offre l’époque », écrivait Stendhal. Les experts s'accordent pour dire que, mis à part dans les situations de conflit militaire, Moscou est en situation de relative faiblesse en politique étrangère, vis-à-vis des autres grandes puissances. Dans ces conditions, la vente d’armes perfectionnées devient pour elle un instrument diplomatique de poids. Et son système de défense antiaérienne et antimissile S-400 est le joyau de cette diplomatie.Le succès commercial du S-400 ne doit rien au hasard. Les performances du système (doté de 48 missiles, il est capable de poursuivre jusqu’à 80 cibles et interdit toute approche inférieure à 400 km de sa position) surpassent nettement celles de son concurrent, le « Patriot » américain. Il est conçu pour détruire à peu près tout ce qui vient du ciel : chasseurs-bombardiers, avions furtifs, avion de surveillance AWACS, missiles de croisière, missiles balistiques, drones...Le S-400 est l’arme idéale pour les stratégies dites de « déni d'accès », interdisant des régions entières aux forces aériennes d’un ennemi potentiel. En Syrie, après le déploiement d'un tel système lui permettant de placer sa base de Lattaquié sous une bulle de protection, l'armée russe a considérablement réduit la marge de manœuvre des forces aériennes occidentales engagées dans le conflit.Les progrès importants accomplis par la Russie dans les systèmes de défense antiaérienne s’expliquent par l’effort entrepris par les États-Unis et leurs alliés depuis plusieurs décennies pour s’assurer une maîtrise complète du ciel et développer des avions de combat de plus en plus performants. Impressionnés par les démonstrations de supériorité aérienne occidentale pendant les guerres en Irak et en ex-Yougoslavie, les Russes se sont concentrés sur la mise au point de tels systèmes leur permettant d'entraver les capacités aériennes des États-Unis et de l'OTAN.
« La Biélorussie a été la première à recevoir des systèmes S-400, fournis à titre gracieux par Moscou à son allié dans l’espoir d’obtenir en échange une base aérienne sur le territoire biélorusse. »
La fabrication du S-400 a cependant été un parcours semé d’obstacles. Le système a été proposé aux forces armées de la fédération de Russie dès 2007,

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Alexandre Golts

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