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De Damas à Soukhoumi : sur la route des réfugiés syriens du Caucase

République autoproclamée depuis une guerre d’indépendance (1992-1993) livrée contre la Géorgie, l’Abkhazie est un minuscule territoire (8 600 km²), situé aux confins méridionaux de la Russie, au sud de la chaîne montagneuse du Grand Caucase. Près de 200 000 habitants peuplent ce qui fut autrefois l’une des flamboyantes stations balnéaires de l’URSS et dont la restitution est réclamée par Tbilissi. En 2008, au lendemain de la seconde guerre d’Ossétie à laquelle l’Abkhazie prend part, seuls quelques États reconnaissent le pays : la Russie, le Venezuela, le Nicaragua et, depuis le 29 mai 2018, la Syrie. Il est aujourd’hui dirigé par Raoul Khadjimba, un ancien colonel du KGB…

Dana Barsbai nous a donné rendez-vous sur les quais du port de Soukhoumi, près du vieil embarcadère soviétique. Les vestiges d’un passé luxueux de la cité ornent le littoral, laissant flotter une atmosphère de paradis perdu. « C’est un journaliste qui souhaite discuter avec moi, explique la jeune femme blonde à une connaissance qu’elle croise en chemin. Je ne veux pas qu’il se fasse des idées, les gens parlent beaucoup. C’est une petite ville. » Les employés du café dans lequel nous entrons nous considèrent avec étonnement. Il est très rare de croiser des étrangers (autres que Russes) ici.

Ce sont les ravages de la guerre en Syrie qui ont contraint mon interlocutrice à quitter son foyer en 2012. Mais pourquoi avoir choisi comme destination un pays dont peu de gens dans le monde connaissent l’existence et qui, à l’époque, n’était pas reconnu par Damas ? « Je suis Caucasienne », répond simplement Dana.

Un exode causé par la conquête russe du Caucase

Née en 1973 dans un petit village du Golan, elle est issue d’une famille d’Adyguéens (également appelés Circassiens), un peuple guerrier du Caucase.
Au XIXe siècle, la Russie mène une politique expansionniste dans la région et se heurte à la résistance de plusieurs tribus guerrières des montagnes. En 1864, près de Sotchi, l’armée impériale écrase les derniers foyers de combattants, obligeant ces derniers, avec leur famille, à prendre la route de l’exil.

Des milliers de Circassiens trouvent alors refuge dans l’Empire ottoman. Aujourd’hui, on trouve leurs descendants en Turquie, en Jordanie, au Liban et en Syrie, notamment.

« En Syrie, dans le village de mes parents, […]

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Reportage de Loïc Ramirez

Dernières nouvelles de la Russie

International

Parlez-vous l’Abkhaze ?

Reconnue par seulement cinq États dans le monde (dont la Russie), la République d’Abkhazie, qui a déclaré son indépendance de la Géorgie en 1992, cherche à renforcer son identité culturelle à travers l’enseignement de la langue abkhaze.Plongée dans ce pays oublié, né d’un conflit douloureux – aujourd’hui gelé –, à la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle géorgienne, qui se tiendra le 28 novembre.  Dans le centre ville de Soukhoumi, l’école n° 1 accueille une centaine d’enfants âgés de 6 à 17 ans. L’édifice semble à moitié occupé. Sans doute a-t-il été construit pour accueillir un public plus nombreux, avant la guerre. Dans la salle de cours, une douzaine d’élèves s’agitent pour répondre aux questions que leur lance leur professeur, Anua Ludmila Vladimirovna. Les plus confiants lèvent la main, les autres, plus timides, plongent leur regard dans les pages de leur cahier à la recherche de la bonne réponse. Sur les murs, trônent les armoiries et le drapeau de la république d’Abkhazie, dont Soukhoumi est la capitale. Une main blanche ouverte sur un fond rouge, couronnée de sept étoiles (représentant les sept districts du pays) et flanquée de quatre bandes vertes. Le décor laisse peu place au doute, Anua donne un cours de langue abkhaze. « Nous sommes un petit peuple mais notre folklore est très riche. Notre alphabet, dérivé du cyrillique, il se compose de 62 lettres et de 64 sons », explique-t-elle fièrement. Sa voix forte et rocailleuse témoigne d’un âge avancé que ses beaux cheveux noirs camouflent. Anua a fait ses études à Moscou, mais est née en Abkhazie, quand le territoire était encore une république autonome associée à la République socialiste soviétique de Géorgie. Le poing fermé, elle ajoute : « Les Géorgiens ont voulu faire de cette terre une partie de leur pays, mais nous nous sommes battus pour les en empêcher ». Elle évoque une politique de « géorgisation » mise en place entre 1936 et 1953, qui avait banni l’usage de l’abkhaze dans les écoles et les institutions officielles. À la mort de Staline (Géorgien lui-même), la langue abkhaze est de nouveau autorisée. Puis, en décembre 1991, la désintégration de l’URSS entraîne la sécession de la république géorgienne. Une république confrontée rapidement à une guerre d’indépendance menée par les Abkhazes (soutenus par Moscou) qui craignent une nouvelle mise sous tutelle. En 1993, l’armée géorgienne est défaite et quitte le territoire abkhaze, qui devient, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 novembre 2018
International

Oleg Kravchenko : « Nous n’avons aucun intérêt à un conflit entre la Russie et l’Occident. »

À la faveur du conflit ukrainien, la Biélorussie s’est positionnée en tant qu’intermédiaire entre Kiev et les autorités séparatistes du Donbass. Signe d’une reconnaissance du rôle positif joué par le pays, une partie des sanctions de l’Union européenne (UE) dont celui-ci faisait l’objet ont été levées. Le Courrier de Russie a rencontré Oleg Kravchenko, vice-ministre des Affaires étrangères biélorusse, pour comprendre les ressorts et les objectifs de la politique étrangère mise en place par Minsk depuis 2014. Le Courrier de Russie : Comment qualifier les relations qu’entretient Minsk aujourd’hui avec les pays occidentaux ? Oleg Kravchenko : Les rapports avec l’Ouest ont été houleux dès notre indépendance, notamment après le référendum de 1996 déclaré illégitime par l’Union européenne [organisé le 24 novembre 1996, le référendum permit, entre autres, l’adoption d’une nouvelle constitution qui renforça le pouvoir exécutif, ndlr]. Cela a créé une inertie dans les relations, encore perceptible aujourd’hui. C’est pourquoi il a été très important pour nous d’avoir été choisis pour accueillir les négociations sur le conflit dans l’Est de l’Ukraine [en février 2015, les chefs d’État et de gouvernement ukrainien, russe, français et allemand se retrouvent à Minsk pour signer l’accord du même nom, débouchant sur un cessez-le-feu entre l’armée ukrainienne et les séparatistes dans le Donbass, ndlr]. C’était une marque de confiance importante. Depuis, nos relations se sont améliorées : certaines sanctions européennes sont maintenues, mais je crois que nos voisins de l’Ouest voient désormais dans la Biélorussie un partenaire fiable. Nous collaborons avec eux, y compris avec l’OTAN, à travers plusieurs programmes, pour le contrôle des frontières, par exemple, ou la lutte contre la criminalité et ses nombreux trafics. En 2011, nous avons facilité, via notre réseau ferroviaire, le transport de matériel militaire en direction de l’Afghanistan. Cette opération de l’OTAN avait été mandatée par l’ONU, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

23 octobre 2018

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